- Histoire du cinéma
La Kalem Company : une société de production américaine
16/04/2026
Carton comprenant le logo de la société Kalem - The Raiders from Double L Ranch
Active entre 1907 et 1917, la Kalem Company a produit plus de 1700 films. Cette société de production américaine fut l’une des premières à tourner en décor naturel à l’étranger.
Pourquoi Kalem ?
L’appellation dérive des initiales des noms de ses trois fondateurs : George Kleine, Samuel Long et Frank J. Marion. George Kleine était importateur et distributeur de films européens aux États-Unis tandis que Samuel Long et Frank Marion étaient d’anciens cadres de la Biograph Company.
La Kalem s’est distinguée par sa volonté de tourner ses films en décors naturels et donc de ne pas investir dans un studio.
Sidney Olcott : directeur artistique
Kleine, Long et Marion ont confié la direction artistique de leur société à Sidney Olcott, l’un des fondateurs de la guilde des réalisateurs américains (Director’s Guild of America). Homme de talent, il réalise en 1907 le premier Ben-Hur pour le compte de la Kalem. À partir de 1910, il tourne souvent à l’étranger, notamment en Irlande.
Entre 1910 et 1915, il produit 22 films en Irlande. Lors de ses séjours répétés sur l'île, la compagnie se surnomme humoristiquement “O’Kalem”. Olcott souhaite finalement y faire construire un studio mais voit ses plans annulés par l’éclatement de la Grande Guerre.
Sidney Olcott
Le succès irlandais amène Olcott et ses compagnons à poursuivre leur délocalisation et à tourner en Égypte et en Palestine. Ils se surnomment désormais “El Kalem”. Ils y réalisent 30 films dont le plus ambitieux, From the Manger to the Cross (De la Crèche à la Croix, 1912), est une fresque de plus d’une heure qui conte la vie de Jésus.
Gene Gauntier, la première "Kalem girl"
Gene Gauntier
Gene Gauntier, à la fois scénariste, agent de repérage, réalisatrice, monteuse et actrice, est une Alice Guy à l’américaine. Aux États-Unis, elle écrit le scénario de Ben-Hur (1907) et incarne, entre autres, Nan, une espionne, dans la série de films sur la guerre de Sécession, The Girl Spy (1909). En Irlande et au Moyen-Orient, elle écrit la majorité des scénarios de films de la Kalem, organise les productions et incarne de nombreux personnages.
Dans un entretien confié à Frederick James Smith, publié en juillet 1924 dans Photoplay elle atteste :
« Je choisissais les lieux de tournage, supervisais les plateaux, validais les essais, coréalisais avec Sidney Olcott, montais, écrivais les intertitres, réalisais une grande partie du matériel publicitaire et, malgré tout cela, je tournais en moyenne un film court par semaine. C’était du travail à l’époque, mais un travail créatif, un travail d’avant-garde. […] Monsieur Olcott et moi étions totalement indépendants. Je ne soumettais quasiment aucun scénario, et jamais lorsque j’étais à l’étranger. La société Kalem ne savait jamais à quoi ressemblerait notre film avant la première projection en salle. »1
De Kalem à Vitagraph
La société avait le monopole de la production et de la distribution de ses films. Cependant, à la suite de problèmes financiers et de la désertion d’un grand nombre de ses talents qui préférèrent tenter des carrières indépendantes 2, la Kalem fut vendue à Vitagraph Studios en 1917.
[1] En 1912, Gene Gauntier a créé la "Gene Gauntier Feature Players Company" et a embauché Sidney Olcott comme réalisateur.