- Portraits
Jean-François Camus
06/10/2026
Jean-François Camus - éducateur « jeunesse et sport », animateur de ciné-club, passionné de cinéma d’animation, co-auteur du manifeste « Pour un cinéma auquel les enfants ont droit » - nous a quitté en septembre dernier. Il avait récemment déposé une partie de ses archives au CNC.
Né en 1943, Jean-François Camus commence sa carrière en tant qu’instituteur à Champigny-sur-Marne. Après son service militaire, il rejoint ensuite le Ministère Jeunesse et Sport en tant qu’assistant jeunesse et éducation populaire et devient Conseiller-cinéma pour des activités auprès de la jeunesse.
Pour résumer sa carrière, Jean-François Camus utilisait principalement les expressions « contribution », « travail en collaboration », « collaborateur », marquant ainsi son attachement au travail en équipes auxquelles il apportait sa passion du cinéma et sa grande culture.
Cinéphile, il fréquente les cinéclubs dès l’âge de 17 ans. Il participe rapidement à la vie de la Fédération Française des Ciné-clubs des Jeunes de Créteil puis à Saint-Maur-des-Fossés qu’il rejoint en 1962.
Habitant Créteil, il contribue fortement au développement d’un ciné-club à La Maison de la jeunesse de son quartier de La Haye aux Moines, La Maison pour tous. Avec son épouse, ils y développèrent des programmes de films entièrement dédiés aux enfants. L’aventure à Créteil se développa jusqu’en 1976.
En octobre 1977, Jean-François Camus participe à la rédaction du manifeste « Pour un cinéma auquel les enfants ont droit ». Dans ce manifeste, « des responsables de l’ex-section cinéma de la [Maison des arts] de Créteil et des directeurs, animateurs et administrateurs d’une quinzaine de Maisons de Jeunes et de la Culture » revendiquent notamment « un cinéma qui tienne compte de la réalité sociale où vit l’enfant. Un cinéma qui contribuera à lui donner une appréhension de la vie au travers de sa sensibilité et de son imaginaire où naissent réflexion, analyse et critique [1]».
A partir de 1985, il travaille en collaboration avec le Festival du film de femmes dès son installation à Créteil.
A la fin des années 1980, Jean-François déménage à Annecy. Il contribue à la mise en place du centre de documentation au Centre International du Cinéma d’Animation. Il collabore à l’inventaire puis à la constitution d’un fonds de films. Il aide au développement de l’offre cinématographique de la ville ainsi qu’à la constitution de la Maison du documentaire.
En 1998, il s’installe à Valence et accompagne la mise en place de la Cinémathèque des Pays de Savoie (1999) ainsi que la mise en route de l’école de cinéma d’animation La Poudrière. Il en suivit l’évolution jusqu’à sa retraite en 2003.
Son expertise a grandement enrichi la connaissance du fonds de films d’animation conservé au CNC, avec notamment sa contribution en 2007 à la conception de l’ouvrage Du Praxinoscope au cellulo, dirigé par Jacques Kermabon et édité par le CNC. Il a poursuivi sa généreuse exploration en se consacrant à l’inventaire du fonds Jean Delaurier collecté par le CNC. Cet artiste et cinéaste d'animation français des années 1930 trouve, grâce à la patiente curiosité de Jean-François Camus, une place dans l’histoire du cinéma d’animation en France.
Le site Cinéphiles de notre temps lui consacre un podcast en 2020 où Jean-François Camus évoque sa cinéphilie: Cinéphiles d'un autre temps 9 - Jean François CAMUS, un passeur non-conventionnel (1/3) - Cinéphiles de notre temps
[1] Pour un cinéma auquel les enfants ont droit : deuxième semaine internationale sur le cinéma et les enfants, avril-mai 1978