Quand elle est entrée ils ne l'ont pas entendue. Elle les a regardés faire l'amour. Puis ils l'ont vue et, avec ses larmes, le drame a commencé. Son mari est parti furieux et humilié, la femme, une speakerine, l'a toisée. Chez elle, elle a écouté la cassette qu'il lui a fait parvenir pour s'expliquer mais aussi pour l'accuser : « tu as quelque chose de pervers et de diabolique ». Alors, laissant les velours de son appartement aristocratique, elle a pris l'autoroute au volant de son coupé. Des kilomètres après, elle a doublé un drôle de type zigzaguant en chantant dans une drôle d'auto. Lors d'une halte, elle a téléphoné chez lui. Elle a crié. L'autre, le chanteur, a surpris ses paroles. Il l'a rattrapée plus loin, zigzaguant en pleurant. L'a apostrophée. Nouvelle halte : il l'invite à déjeuner. Elle résiste, se détend devant l'abondance des mets, se laisse aller devant les dessins qu'il faits sur les nappes en papier, l'histoire de l'arrivée de « la scandaleuse Gilda », sexe féminin, à Ziziville. Elle a fini par accepter la chambre. Mais, après l'acte, elle a exigé l'argent : 500 lires symboliques qui ont tout enclenché. Les sourires sont devenus grimaces dans le miroir que leur violence a brisé. Et la haine a déferlé sur l'amour. Cris et déchirements. Une halte. La pluie qui tombe à verse. Un routier les insulte. Sur l'asphalte mouillé, plus loin, ils ont arrêté le camion. Il la fait coucher avec l'homme. Pleure et paye. A la deuxième halte de la nuit elle renchérit. Sur le parking, sous ses yeux, il viole la femme qui vient d'acheter des cigarettes. Dans la voiture, ils roulent dans la douleur et l'amour. Le jour est levé. Ils s'embrassent. Elle écrase le pied qui est sur l'accélérateur. Et, l'abandonnant dans son sang, elle traverse l'autoroute, s'éloigne, lève les bras.
Informations techniques
Métrage :
Long
Durée d'origine :
94
Exploitation
Exploitation Paris :
7 salles,
7 semaines,
6 329 entrées la première semaine,
17 750 entrées totales