Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2004
Date de sortie en France :
- 30/06/2004
Société(s) de production :
Description
Résumé
Ce long documentaire a pu bénéficier d'une sortie en salle (après sa diffusion sur Arte) en grande partie du fait d'une maladresse du Ministre des Affaires étrangères qui avait suspendu sa projection au Forum des images. Le film ne méritait pas ce genre de publicité qui a tout de même permis une campagne en faveur de la liberté d'expression, "bafouée par un gouvernement soumis au lobby pro-israélien". Comme leur oeuvre en fait foi, l'engagement pro-palestinien des deux réalisateurs est fort. Michel Khleifi, Palestinien, né en 1950 en Galilée, a réalisé de nombreux documentaires, en particulier pour la télévision belge et des longs-métrages de fiction, parmi lesquels le plus connu et le plus réussi est Noces en Galilée (1986). Eyal Sivan, né en 1964 à Haïfa, dont le premier long-métrage Aqabat Jaber, vie de passage a été couronné de nombreuses distinctions, porte un intérêt particulier à l'utilisation politique de la mémoire en Israël, à l'instrumentalisation du génocide et sa représentation. Ces précisions politiques doivent être apportées afin de ne pas perdre de vue que Route 181 est un documentaire engagé, qui ne vise pas une quelconque objectivité, si tant est que cela existe en ce domaine. Cinéma du réel certes, mais pas de la réalité, qui n'existe pas à l'écran. En 2002, les réalisateurs ont voyagé pendant deux mois, le long de la "route 181", la frontière, aujourd'hui fantôme, prévue par la résolution 181, adoptée par les Nations-Unies en 1947, et qui prévoyait la partition de la Palestine en deux Etats : l'un juif, l'autre palestinien. Bien que territorialement très défavorable aux Juifs (découpage en trois parties), ceux-ci l'acceptèrent. Ils furent immédiatement attaqués par les armées de tous les états arabes voisins ; la suite est connue. Le film est lui aussi découpé en trois parties : le Sud (du port d'Ashdod jusqu'à la bande de Gaza), le Centre (de Lod vers Jérusalem), le Nord (de Rosh'A'aiyn à la frontière libanaise). L'organisation est assez simple. A partir de leur carte de 1947, ils demandent : que sont devenus les villages ou même les villes arabes qui existaient alors ? Ils ont tous été détruits et rasés. Des témoins arabes s'en souviennent. Quant aux témoins israéliens, soit ils n'étaient pas encore en Israël et ne se posent pas de question, soit ils ont participé au "coup de balai" (Galilée). Pour compléter le tableau, on pourra voir des soldats agressifs et de malheureux Israéliens pacifistes. Certes, les gens interrogés ont certainement été pris au hasard, ce ne sont pas des personnalités. Mais un habile montage et le tour est joué : Israël est une puissance coloniale créée sur les ruines de la Palestine. Aucune nuance, aucun aperçu de la complexité du problème, ne vient contrebalancer la radicalité de cette vision.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 270