Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2011
Date de sortie en France :
- 19/10/2011
Description
Résumé
?Le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique d'Algériens est réprimée dans le sang, sur ordre du préfet de police de Paris, Maurice Papon. L'assassinat de centaines d'individus par la police française est le paroxysme d'une politique de déstabilisation des pourparlers entre le gouvernement français et les indépendantistes algériens. Pendant plus de deux ans, les violences contre les Algériens de région parisienne se feront quotidiennes. Octobre à Paris a été tourné à chaud dans les bidonvilles de Nanterre. Il sera interdit. Projeté d'abord de façon clandestine, il bénéficiera d'un nouvel éclairage au moment de Mai 68 lorsqu'il fut associé à des projections de La Bataille d'Alger. Impressionné par le documentaire et indigné par l'interdiction dont il était frappé, le cinéaste René Vautier (Avoir 20 ans dans les Aurès) entame une grève de la faim qui, en 1973, permet l'autorisation de diffusion du film. Mais Jacques Panijel, pour appuyer sa démonstration, estime nécessaire de donner au film un prologue, établissant, avec le concours d'historiens et de témoins directs, en quoi les événements évoqués constituent un véritable "crime d'�0tat". Tant que cet ajout ne lui est pas autorisé, il refuse de diffuser son film. Aujourd'hui, à l'occasion des 50 ans du massacre, le film sort enfin, accompagné de son prologue. En plus d'être un précieux témoignage sur les méthodes de la police de l'époque, Octobre à Paris est un véritable moment de cinéma. Construit en trois actes, il bénéficie de l'ensemble des compétences de son auteur. Biologiste de profession, il se penche sur cette période avec toute sa rigueur de scientifique. Ancien résistant, il utilise la caméra comme une arme face à la terreur. Militant associatif, il transforme son oeuvre en un film collectif. En effet, après avoir essuyé le refus des réalisateurs en vue de l'époque, Panijel a décidé de diriger lui-même le film, avec l'aide de militants du FLN et d'ouvriers. Le chef opérateur n'est pas un professionnel, mais un ouvrier, apprenti photographe, qui utilise le 35 mm avec poésie. L'énergie de Panijel et de son équipe irrigue le film, et leur rage est communicative. Après une première partie se concentrant sur les tortures, les assassinats et les humiliations subies au jour le jour par les Algériens, Panijel fictionnalise les préparatifs de la manifestation en demandant aux victimes de jouer leur propre rôle. Une façon d'exorciser leurs blessures et de leur rendre leur fierté. La puissance dramatique de la réalisation est à son apogée lorsque Panijel transforme un handicap (pas de caméra lors de la manifestation) en un atout. Car le montage acéré de photos de cette nuit-là fige le crime d'�0tat dans la mémoire et offre un grand moment de cinéma. Le film se termine sur la réitération de la terreur, un jour de février 1962. Cette fois, au métro Charonne, ce sont huit démocrates français qui furent assassinés par l'�0tat.
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 70
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque de Toulouse (Bibliothèque) - Accès réservé