La valeur du « monde sans soleil » tient avant tout à la qualité de l'interprétation par des hommes de ce qu'ils ont su capter. Ce film n'est donc pas une simple retransmission technique, mais un choix pour nous faire communiquer aux découvertes effectuées. Il ne relève pas uniquement d'une bonne technique du réel mais d'un art du vrai, de la beauté du vrai. Vérité humaine, tout d'abord. Le film nous fait partager la vie d'hommes chargés autour du commandant Cousteau d'explorer les récifs et les chenaux de la Mer rouge et de l'Océan indien, vivant plusieurs jours à l'intérieur de la mer, par le moyen de deux bases sous-marines, l'une à onze mètres de fond, l'autre à cinquante-six mètres. Par rapport au film précédent de Cousteau, l'admirable « Monde du silence », cette dimension humaine est davantage soulignée. Pas de réthorique plus ou moins romanesque sur leur aventure par moments périlleuse, mais la joie de dire très simplement et de communiquer une expérience passionnée, passionnante. Ces hommes sont à la fois bien en chair et en os, et se sont volontairement portés aux limites des possibilités humaines. Ils vivent à un rythme différent du nôtre, ils ont surmonté une certaine trépidation du temps, ils accèdent tout naturellement à un niveau méditatif, solt pour faire oeuvre scientifique, soit pour ne goûter que la « musique classique ». Leur témoignage est de sérénité, de paix de l'âme.