Welfare
Film
Welfare
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1975
Date de sortie en France :
- 05/07/2023
Numéro RCA / VISA : 47091
Langue : Dialogue : Anglais
Société(s) de production :
Première diffusion télévisée : 24/09/1975 - Etats-Unis
Description
Résumé
En 1973, aux États-Unis, de nombreuses personnes attendent leur tour dans un centre d'aide sociale situé à Manhattan. Les travailleurs sociaux voient défiler les usagers, écoutent leur histoire, leurs demandes, leur expliquent ce que le dispositif peut et ne peut pas faire pour eux. Un jeune couple obligé de voler pour manger, une vieille dame qui ne parle qu'espagnol, une jeune mère qui vit dans un taudis et à qui on a retiré son enfant, un ancien combattant qui se plaint que « les Noirs ont la priorité partout », un homme qui sort de onze ans de prison, jeunes, vieux, Noirs, Blancs, Latinos, qui s'expliquent, contestent, se mettent en colère, se perdent dans les détails, se défendent, soliloquent, s'endorment… Disposant de moyens limités, pris entre la complexité des procédures et celle des problèmes auxquels ils sont censés apporter des réponses, les travailleurs sociaux tentent de rester calmes, font parfois des erreurs, s'embrouillent, ne sont pas d'accord entre eux... Neuvième long métrage de la déjà brillante carrière de Wiseman, débutée en 1967 avec Titicut Follies, ce film bénéficie à l'évidence d'une pratique du tournage et du montage qui n'a fait que s'affiner pour atteindre ici une maîtrise éclatante. La galerie de portraits par laquelle s'ouvre le film, présentant des usagers posant pour des photos d'identité, joue le double rôle de portrait en mosaïque de l'Amérique réelle des années 1970, loin de la mythologie hollywoodienne, et de miroir offert au spectateur, tant il est impossible de ne pas se retrouver dans ces regards fatigués de gens qui préféreraient être ailleurs. Puis, la première scène nous confronte au désarroi d'un jeune homme natif américain, qui a fui une réserve qu'il compare à un camp de concentration, et se retrouve totalement démuni. Plus tard, un bénéficiaire s'indigne face à un travailleur social : « Je n'ai rien à manger, et vous me récitez le code civil ». La liste des situations dramatiques, d'une violence folle, que ce film présente, serait bien trop longue. De même qu'il serait vain de tenter de retranscrire ici le sentiment de détresse absolue, de désespoir, de dérive totale qui irrigue presque chaque plan. Les travailleurs sociaux encaissent les reproches et font ce qu'ils peuvent dans un climat de tension et de confusion palpable. Wiseman prend le temps de suivre les situations dans leur longueur, nous permettant d'entendre les échanges dans la durée, de comprendre le travail des professionnels, leurs doutes, leur fatigue, et d'entendre in extenso des récits de vie compliqués, douloureux, qu'un montage plus rapide brusquerait. Sans commentaire, sans musique, en filmant simplement le quotidien de ce centre d'aide sociale, Wiseman capture une sorte de résumé vertigineux du sort des sociétés occidentales d'après les trente glorieuses. Affaiblissement progressif de l'État-providence, conception strictement gestionnaire de la solidarité, de la santé et de l'emploi, paupérisation, exclusion, anomie… En moins de trois heures, ce documentaire plus que remarquable dévoile, avec une éloquence inouïe, la substantifique moelle du monde que nous avons laissé advenir.
Mots clés : , , ,
Genre : Documentaire
Lieu(x) de tournage : New York City
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 167
Couleur/NB : Noir et blanc
Sonore/muet : Sonore
Format d'origine : 16 mm (1,33)
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre