Grigori Efinovitch Raspoutine, moine paillard et thaumaturge de réputation, est mandé un jour à la cour du tsar Nicolas II pour soigner Alexis, le tsarévitch, un enfant hémophile et chétif. Il parvient à remettre Alexis sur pied et à lui rendre sa vitalité : dès lors, il devient un familier de la cour. Le tsar l'installe dans un appartement où il mène joyeuse vie au milieu du groupe de ses « pénitentes », femmes de l'aristocratie qui le suivent avec frénésie. Par ailleurs, les quémandeurs assiègent sa maison car Nicolas II ne lui refuse rien de ce qu'il demande. Le scandale de sa vie privée lui attire nombre d'ennemis et la tsarine, qui lui a voué peut-être un peu plus que de la reconnaissance, doit le morigéner. Raspoutine répond en conseillant de repousser l'alliance anglaise, génératrice de guerre. Un jour, un officier, libéré après avoir été condamné injustement, vient abattre le moine car il pense que sa grâce n'a été obtenue qu'au prix du déshonneur de sa jeune femme ; Raspoutine, qui a respecté celle-ci, éconduit l'officier mais celui-ci se suicide à sa porte. La guerre éclate, désastreuse pour le peuple russe, dont Raspoutine prend la défense contre une aristocratie tarée et fêtarde. De plus en plus en butte à la haine, le moine prédit à l'impératrice que moins d'un an après sa disparition, les Romanov perdront leur trône et leur vie. Et en dépit des objurgations de sa souveraine, il entreprend la conquête de la ravissante Inna Youssoupova, femme du prince Félix. Celui-ci, avec quelques aristocrates de ses amis, a juré d'exécuter celui qui souille la cour de Russie. Une première tentative échoue. Mais un soir, sous prétexte d'une rencontre avec Irina, le prince Youssopov invite Raspoutine à passer la soirée chez lui. Bien que nourri de gâteaux au sublimé et abreuvé de madère empoisonné, son rude tempérament de moujik résiste. Le prince, qui se sent devenir fou, l'abat alors à coups de revolver.