Le groupe de rap Guest Clique se présente : Cash, K Rhyme, DJ Rebel et Vertu. Tous les quatre vivent dans le quartier de Belzunce à Marseille et font du rap leur principal moyen d'expression. La jeune Vertu y prône le respect de la femme tandis que K Rhyme et Cash se lancent dans de longues improvisations avec DJ Rebel aux platines. Ils se sont rassemblés récemment sous l'appellation Guest Clique pour conjuguer leurs talents et faire entendre leur voix au coeur du terroir du rap marseillais. Ils répètent en vue d'un prochain concert. Seulement, K Rhyme est de moins en moins assidu, il arrive de plus en plus en retard et reste silencieux. Ses trois amis s'inquiètent et découvrent qu'il se livre à un trafic douteux pour financer la venue de sa famille à Marseille. DJ Rebel, lui, a des problèmes de coeur. Il ne sait plus qui choisir entre sa copine officielle et sa nouvelle conquête. Le concert se prépare. Au détour d'une rue, les rappeurs assistent à un spectacle de hip-hop ou se livrent à une joute musicale avec un groupe de rap rival. La situation de K Rhyme ne s'améliore pas : maintenant qu'il a récolté la somme nécessaire, il souhaiterait décrocher, mais ses "employeurs" ne l'entendent pas de cette façon. Ses amis décident de le planquer à la campagne. Ils quittent Belzunce, alors qu'un homicide raciste agite le quartier. Entre documentaire et fiction, Freestyle offre d'une certaine réalité sociale une juste représentation, à des années lumières de la lourde caricature qu'était Féroce ou du froid constat de Wesh Wesh, pour ne citer que les récents films qui se sont attachés à ce genre de sujet, saturant leur bande son d'un rap bruyant et revendicateur. Ici, on est plus proche d'une illustration de ce qu'est le rap, de ce qu'il représente en tant que mode d'expression et de survie pour quelques jeunes Marseillais. Les acteurs jouent à peu de chose près leur propre rôle (ils sont en fait plus connus que les rappeurs du film), chantent leurs propres chansons et évoluent dans leur propre quartier. Pourtant, loin de s'ancrer dans cette réalité brute, le regard que porte Caroline Chomienne sur le quotidien de ses acteurs-personnages est aérien, presque lyrique, même quand il aborde des sujets graves. Et c'est toute la force de ce film que de traiter les problèmes de l'immigration, de la drogue, du racisme, de la violence, du machisme, avec une désarmante sincérité. En s'attardant sur la musique rap et la danse hip-hop qui forgent la culture des quartiers, Freestyle donne la parole à une jeunesse défavorisée, qui sait en faire bon usage. Certes, on pourra se lasser de la gêne de certains acteurs face à une caméra à laquelle ils ne sont pas encore habitués, ou reprocher l'absence d'un réel message, mais ce serait se montrer injuste envers cette docu-fiction qui n'a que la prétention d'être honnête.
Informations techniques
Métrage :
Long
Durée d'origine :
79
Couleur/NB :
Couleur
Exploitation
Exploitation Paris :
1 salles,
5 semaines,
535 entrées la première semaine,
606 entrées totales