Encounter in the thrid dimension
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Description
Résumé
Du fond de son laboratoire, une sorte de gentil savant fou s'adresse aux spectateurs. Il veut leur présenter sa toute dernière invention : la "Real-0-Vision", un générateur de réalité virtuelle. Aidé de Max, petit robot volant qui lui sert d'assistant et de souffre-douleur, il met en place la démonstration. Comme les choses ne sont pas encore tout à fait au point, il fait patienter son public en lui proposant un aperçu historique de la conquête du relief par le cinématographe. Finalement, il parviendra à faire apparaître une représentation virtuelle de la très féline Elvira. Rencontre dans la troisième dimension est annoncé comme le premier film en relief et en couleur pour écran hémisphérique. On pourrait donc dire qu'il s'agit d'un film expérimental, même s'il se situe bien loin des préoccupations artistiques d'habitude sous-entendues par ce terme. Il est clair que le film en lui-même est d'un intérêt absolument nul, et que seul compte le fait qu'il nous fasse entrevoir une nouvelle forme de spectacle. Inutile donc de s'appesantir sur le peu d'imagination des scénaristes, d'énumérer les gags éculés ou de s'étendre sur le futurisme kitsch de l'ensemble et la manière dont le côté documentaire ne fonctionne que comme alibi culturel. Parlons plutôt de ce qui seul importe : l'effet produit. Et disons alors qu'il peut être assez impressionnant, du moins pour qui n'a pas fréquenté abusivement les parcs d'attractions style Futuroscope. Passé un temps d'adaptation de la rétine, l'effet relief convainc et la sensation d'être "à l'intérieur" du film est bien au rendez-vous. Mais le plus surprenant est sans doute la façon dont ce spectacle isole les spectateurs les uns des autres, en leur donnant la sensation qu'il se déroule pour eux seuls. Ici, on se sent déjà un pied dans ces images de science-fiction, où des spectateurs casqués s'évadent dans des réalités virtuelles. Il en résulte un certain plaisir, mais un plaisir un peu honteux, tant on entrevoit comment tout cela pourrait devenir néfaste. Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser pessimistement que ce film va dans le sens de l'histoire. Il ne serait alors qu'une étape de plus dans le processus de dissociation du cinéma en deux arts différents : un cinéma d'illusionnistes et un cinéma de documentaristes. Un retour du cinéma vers les baraques foraines de ses débuts, relayé, à l'autre bout de la chaîne, par le besoin (réveillé par l'apparition des caméras DV) de fixer le temps et d'archiver le réel.
Générique
Informations techniques
Métrage : Court
Durée d'origine : 40