Quiero vivir

Film

Muriel Brenner

Année de production :  2005

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2006

Date de sortie en France :

  • 14/06/2006

Description

Résumé

"C'est quoi la Bolivie ?" demandait le Kid à Butch Cassidy : ce court passage du film de George Roy Hill ouvre, avec humour, Quiero vivir. En 2002, la Bolivie c'est notamment "El Alto", le haut quartier de La Paz (altitude : 4100 mètres) : à peine Newman et Redford ont-il quitté l'écran, que sort de la pénombre le visage défiguré de Juan Carlos, 30 ans, détruit, errant, qui remercie Dieu d'être encore en vie. Dès cette séquence, on sait ce que sera la caméra de Muriel Brener : aiguë, sans complaisance, chaleureuse et pudique. Sa démarche est simple : à partir des portraits de plusieurs enfants des rues, perdus, chassés, battus, vendus ou violés parfois, esquisser celui d'une Bolivie ravagée par la pauvreté et l'injustice. "Le gouvernement demande des aides au nom des pauvres, mais l'aide ne va pas aux pauvres" déclare, sans haine mais déterminée, une femme indienne. "El Alto", gigantesque bidonville que Muriel Brener montre remarquablement, est surtout peuplé d'Indiens : les principales victimes des discriminations. Auparavant, on a découvert des gamins cagoulés, plus ou moins cireurs de chaussures, désemparés face à la caméra. Puis Hugo, 24 ans, et avec lui le foyer tenu à bout de bras par l'association "ENDA", qui l'accueillit lorsqu'il zonait, âgé de 13 ans. Il a son bac, va faire des études, mais il se bat avec détermination pour aider ceux qui connaissent le sort qui fut le sien naguère, et pour que les choses changent : Hugo est un révolutionnaire. Souriant. Le centre d'accueil offre de multiples activités. Muriel Brener est parvenue à libérer la parole de Juan Javier, 16 ans, abandonné à sa naissance par sa toute jeune mère, mis au travail à 11 ans par sa tante, et officiant maintenant à l'atelier boulangerie. Plus difficile sera la confession de Delia, 16 ans, concentrée sur la confection de bracelets pour éviter de se souvenir : la rue, l'alcool, la drogue, le viol dont elle fut victime, et l'enfant qu'elle attend... Lorsque la cinéaste la retrouve plus tard, le bébé est né, et Delia a rejoint sa mère mourante. Il faudrait aussi parler de Gustavo qui rêve de retrouver son petit frère, de la jeune Vania et de sa peluche, qui ne peut raconter ce qui lui est arrivé dans la rue, et qu'Hugo aide à tenir. Ce qui frappe dans tous ces témoignages, c'est leur calme. Pas de cris chez ces tout jeunes gens : juste une révolte déterminée et souvent raisonnée. "Dans une société où l'on vit 70 ou 80 ans, que peuvent des jeunes qui pensent à 12 ans que leur vie est déjà foutue ? Ils se sentent si peu de choses". C'est Juan Carlos qui dit cela, vers le milieu du film... On n'oubliera pas non plus l'école mobile, habilement bricolée avec les moyens du bord, et la grande manifestation de 2003 à laquelle participe Hugo. C'était quelques mois avant la victoire électorale d'Evo Morales, premier président indien de la Bolivie. On ne sait encore qui il est vraiment ni ce qu'il fera. Mais qui verra ce documentaire subtil, comprendra la complexité de la tâche de quiconque veut donner aux Boliviens bien-être et dignité.

Informations techniques

Métrage : Long

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