Regards sur la Pologne 2
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 06/10/2004
Description
Résumé
1. Une dame d'Ukraine (Paniz Ukrainy) de Pawel Lozinski (2002 - 30') 2. La Leçon sibérienne (Syberyjska lekcja) de Wojciech Staron (1998 - 56')
Le programme en question propose deux films de valeurs totalement inégales. Le premier, Une dame d'Ukraine
, est pour tout dire le moins bon. Il ne dure heureusement que trente minutes : trente minutes d'une femme ukrainienne faisant des ménages pour gagner sa vie. Un chien l'attend avec impatience, il saute de joie lorsqu'elle arrive, et Pawel Lozinski, qu'on imagine à peine réveillé dans son pyjama, filme la scène au caméscope. Non, la dame ukrainienne n'est pas là pour son plaisir, elle a quitté son pays, qui lui manque, sa famille, qui lui manque, elle travaille maintenant en pensant à tout ça, et à l'amour aussi, bien qu'elle n'ait pas rencontré de véritable gentleman. Lorsqu'elle s'en va, le chien fait la gueule. Et voilà. La mise en scène est inexistante (négligée, ce qui est plus grave.), et l'on sait que toutes les femmes de ménage pourraient raconter des histoires bien plus poignantes encore. Aussi lorsqu'on voit la puissance émotionnelle de La Leçon sibérienne
, on oublie vite les faiblesses de ce qui précède. Le lien entre les deux ? Probablement la présentation du pays à travers deux étrangères, sauf que cette fois-ci, c'est une Polonaise qui s'exile au-delà de la Russie. Bizarrement, Malgorzata, l'héroïne du documentaire, n'est pas oppressée comme on pourrait l'imaginer. Elle traîne avec elle la puissance de son pays par rapport à l'autre, elle impressionne. La période est à la crise, la pomme de terre bat la mesure, sans grève qui tienne. Malgorzata continue de donner des cours de polonais aux plus petits, et le directeur passe, leur apprenant la phrase : "Sans manteau, je serais mort !". La grève resurgit, des malades mentaux envahissent les salles de cours désaffectées, notre jeune institutrice justifie toujours son salaire, mais culpabilise face à ce qui n'est pour elle qu'un "voyage". Des liens se créent avec un guitariste, un médecin légiste, Malgorzata se mariera avec son réalisateur, qui ne lâche toujours pas sa caméra ! Le Noël polonais, le froid, fumée et buée, les poissons, les cochons, Karl Marx, la salle polyvalente, la dance music, les sauts en slip sur la glace. On sourit d'abord de ces coiffures d'un autre temps, puis on est ému, submergé, quoique glacé, par cet état des lieux. Ici, on travaille pour l'équilibre moral, pas pour l'argent. Le réalisateur lui aussi met tout son coeur à l'ouvrage. Un premier film aux reflets de chef-d'oeuvre. Si seulement on nous proposait la suite...
Le programme en question propose deux films de valeurs totalement inégales. Le premier, Une dame d'Ukraine
, est pour tout dire le moins bon. Il ne dure heureusement que trente minutes : trente minutes d'une femme ukrainienne faisant des ménages pour gagner sa vie. Un chien l'attend avec impatience, il saute de joie lorsqu'elle arrive, et Pawel Lozinski, qu'on imagine à peine réveillé dans son pyjama, filme la scène au caméscope. Non, la dame ukrainienne n'est pas là pour son plaisir, elle a quitté son pays, qui lui manque, sa famille, qui lui manque, elle travaille maintenant en pensant à tout ça, et à l'amour aussi, bien qu'elle n'ait pas rencontré de véritable gentleman. Lorsqu'elle s'en va, le chien fait la gueule. Et voilà. La mise en scène est inexistante (négligée, ce qui est plus grave.), et l'on sait que toutes les femmes de ménage pourraient raconter des histoires bien plus poignantes encore. Aussi lorsqu'on voit la puissance émotionnelle de La Leçon sibérienne
, on oublie vite les faiblesses de ce qui précède. Le lien entre les deux ? Probablement la présentation du pays à travers deux étrangères, sauf que cette fois-ci, c'est une Polonaise qui s'exile au-delà de la Russie. Bizarrement, Malgorzata, l'héroïne du documentaire, n'est pas oppressée comme on pourrait l'imaginer. Elle traîne avec elle la puissance de son pays par rapport à l'autre, elle impressionne. La période est à la crise, la pomme de terre bat la mesure, sans grève qui tienne. Malgorzata continue de donner des cours de polonais aux plus petits, et le directeur passe, leur apprenant la phrase : "Sans manteau, je serais mort !". La grève resurgit, des malades mentaux envahissent les salles de cours désaffectées, notre jeune institutrice justifie toujours son salaire, mais culpabilise face à ce qui n'est pour elle qu'un "voyage". Des liens se créent avec un guitariste, un médecin légiste, Malgorzata se mariera avec son réalisateur, qui ne lâche toujours pas sa caméra ! Le Noël polonais, le froid, fumée et buée, les poissons, les cochons, Karl Marx, la salle polyvalente, la dance music, les sauts en slip sur la glace. On sourit d'abord de ces coiffures d'un autre temps, puis on est ému, submergé, quoique glacé, par cet état des lieux. Ici, on travaille pour l'équilibre moral, pas pour l'argent. Le réalisateur lui aussi met tout son coeur à l'ouvrage. Un premier film aux reflets de chef-d'oeuvre. Si seulement on nous proposait la suite...
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 86