Joy Division

Film

Joy Division

Grant Gee

Année de production :  2007

Pays de production : Royaume-Uni

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 28/01/2009

Description

Résumé

Après avoir été l'un des personnages secondaires du 24 Hour Party People de Winterbottom, puis le héros du Control d'Anton Corbijn, Ian Curtis a maintenant droit à son documentaire. L'histoire, on la connaît donc déjà un peu. Elle est courte : elle va de 1976 à 1980, d'un concert des Sex Pistols dans une salle de Manchester à une pendaison dans la cuisine d'un pavillon de la même ville. Entre-temps, il y aura eu l'enregistrement de deux albums décisifs, quelques concerts, des crises d'épilepsie, une douloureuse intrigue sentimentale. C'est toujours la même histoire qui est racontée ici, sauf que cette fois le parti pris est, au départ, de faire, non pas un portrait du mythe rock qu'est Ian Curtis, mais - comme le titre l'indique sobrement - un documentaire sur ce groupe qui s'appelait Joy Division et dont la musique a changé, à l'époque, la vie de nombre d'adolescents anglais, dont Grant Gee, le réalisateur.
Dans sa première partie, le film applique intelligemment ce programme. Il se démarque de l'axe biographique classique pour nous plonger dans une évocation du contexte social dans lequel le groupe est né. Puis, il revient de façon assez passionnante sur la façon dont Joy Division a créé son identité : le choix du nom, l'élaboration du graphisme des pochettes, la construction d'un son totalement neuf. Ensuite, hélas, ces axes s'effacent, comme si la source s'était tarie et qu'il n'y avait finalement plus rien à dire sur le sujet. Le personnage de Curtis et les tourments de sa vie privée repassent alors au premier plan. Et l'histoire connue se déroule à nouveau, sans images nouvelles, au fil de témoignages qui n'apportent finalement pas un éclairage neuf sur le personnage et sa vie. Joy Division pourrait toutefois prétendre rétablir certaines vérités par rapport à Control, puisque celui-ci s'appuyait sur le récit - forcément suspect - de l'épouse de Curtis. Le film affiche d'ailleurs cette dimension "alternative" dans la mesure où il fait figurer le témoignage de la maîtresse de Ian, Annik Honoré, tandis que Deborah Curtis n'intervient à aucun moment. Toutefois, ce changement de perspective ne produit pas de réel changement de perception. Curtis reste une figure totalement impénétrable, et l'alchimie qui a produit Joy Division reste un insondable mystère, d'autant que les anciens membres du groupe (et actuels New Order) se décrivent eux-mêmes comme des petits crétins bas du front. Outre le témoignage d'Annik Honoré, le film offre comme autre document précieux une interview de Tony Wilson enregistrée peu de temps avant sa mort. Mais pour le reste, Joy Division souffre énormément du manque d'archives audiovisuelles sur le groupe : une prestation télévisée, quelques vidéo pirates de concerts, un ou deux vagues clips, et voilà à peu près tout le trésor ! Du coup, les interviews filmées sur fond noir s'enchaînent, et le récit a bien du mal à s'incarner.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 93

Couleur/NB : Couleur

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