The Lebanese rocket society

Film

The Lebanese rocket society

Joana Hadjithomas

Année de production :  2012

Pays de production : Liban

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 01/05/2013

Description

Résumé

Terrain de compétition entre les �0tats-Unis et l'URSS, la conquête spatiale a rythmé, durant toutes les années 1960, les heures les plus tendues de la guerre froide. Mais une autre nation était également dans la course : le Liban, premier pays arabe à envoyer des fusées dans le ciel. Une histoire aujourd'hui totalement oubliée, alors même que les travaux menés à l'époque par le physicien Manoug Manougian et ses étudiants de l'université Haigazian avaient fait la Une des journaux libanais et la fierté du pays. Pourquoi une telle amnésie alors ? Joana Hadjithomas et Khalil Joreige s'emparent de cette interrogation pour reconstituer patiemment cette histoire inconnue. En véritables archéologues du souvenir, ils exhument les microfilms des grands quotidiens, repartent bredouilles des archives cinématographiques (vaste empilement de boîtiers vides, terrible symbole d'un pays privé de sa mémoire), lancent en vain des appels à témoins à la radio, avant de rencontrer, enfin, le fameux Manoug Manougian. Désormais chercheur en mathématiques aux �0tats-Unis, le scientifique a conservé dans ses dossiers personnels tous les documents relatifs à cette aventure. ì partir de cette matière, les deux cinéastes décrivent, témoignages à l'appui, les différentes mutations de ce rêve fou (atteindre le ciel) initié en 1960 par une poignée d'étudiants anonymes, avant d'être soutenu par l'armée, repris par le gouvernement comme symbole national, puis brutalement interrompu par la guerre de 1967 - le film mêlant habilement cette chronique à l'histoire du mouvement panarabe. A priori, avec ses airs de documentaire didactique, The Lebanese Rocket Society tranche avec les précédents films de J. Hadjithomas et K. Joreige. Et pourtant, il participe du même acte de foi cinématographique : filmer ce qui n'est plus. D'Autour de la maison rose à Je veux voir en passant par A Perfect Day, les deux artistes libanais ne cessent d'interroger les rapports - tourmentés, troubles, fragmentés - que leur pays entretient avec la mémoire et l'histoire. En lutte contre l'oubli, ils vont même, dans ce documentaire, jusqu'à construire une copie de la fusée Cedar IV, qu'ils proposent comme monument commémoratif à l'université Haigazian. La fabrication de la statue est une épopée en soi, qui révèle le climat de peur et d'instabilité du pays. Alors que gronde le printemps arabe, Hadjithomas et Joreige terminent leur film par une séquence en animation imaginant le futur du Liban s'il avait devancé ses concurrents dans la conquête spatiale et imposé le panarabisme comme véritable troisième voie. Aussi ironique que mélancolique, cette conclusion donne vie à une salutaire uchronie. En dévoilant cette singulière histoire de conquête spatiale, The Lebanese Rocket Society s'impose comme l'histoire d'une reconquête : d'une mémoire, d'une fierté, d'un imaginaire, d'un espoir. Après la science enthousiaste des années 1960, c'est désormais l'art qui est à même de susciter d'autres possibles. Hadjithomas et Joreige le prouvent avec une subtilité et une émotion rares.

Genre : Documentaire

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 95

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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