Quand Sisyphe se révolte

Film

Abraham Segal

Année de production :  2012

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2013

Date de sortie en France :

  • 20/11/2013

Description

Résumé

C'est à Lourmarin (Luberon) que débute l'enquête d'Abraham Ségal, consacrée aux résonances de l'oeuvre d'Albert Camus sur les questionnements politiques et sociétaux de notre temps. ì partir de l'interprétation par l'écrivain du mythe de Sisyphe, condamné par les dieux à faire rouler indéfiniment son rocher jusqu'au faîte d'une montagne, Segal recueille les témoignages de nombreux intellectuels interrogés en France, en Grèce ou en Algérie, par la jeune philosophe Marion Richez. Celle-ci s'adresse d'abord à Catherine Camus, qui garde de son père le souvenir de son respect des autres et de la liberté, «le plus sûr des biens pour améliorer les sociétés». Roger Grenier (Combat) évoque ensuite le bel éditorial de Camus (lu en voix off) sur la Résistance, illustré par des images de la libération de Paris. L'éditeur Alban Cerisier rappelle l'implication de Malraux dans la publication chez Gallimard de l'oeuvre prolifique du jeune Camus, dont les Carnets et les échanges épistolaires avec Louis Guilloux, Francis Ponge et René Char éclairent le caractère indissociable de l'amour et du désespoir dans L'Envers et l'endroit. En Grèce, Marion Richez se penche sur l'absurdité du supplice de Sisyphe, dont la dépendance aux dieux, selon Camus, l'empêche de se révolter. Pour le philosophe Christos Yannaras et l'écrivain Giorgios Giannopoulos, les Sisyphe actuels sont les migrants de Lampedusa, sans cesse refoulés par le supposé Eldorado européen (vidéo d'exilés faisant la queue derrières des grilles closes). C'est la souffrance actuelle du peuple grec (tags tragiques sur les murs d'Athènes). C'étaient aussi les victimes du franquisme en 1953, et celles des chars soviétiques en Hongrie (archives de 1956), qu'évoque le libertaire Wally Rosell. Face caméra, d'autres interlocuteurs analysent l'interprétation du mythe par l'auteur de L'�0tranger : contrairement à Homère, Camus libère Sisyphe du joug religieux, lui permettant ainsi d'accéder à la révolte : «Il faut imaginer Sisyphe heureux». Edgar Morin se souvient de la solitude de l'écrivain dénonçant le stalinisme érigé en religion, instillant le terrorisme et la violence : la lâcheté des attentats du FLN et du FIS hier, comme ceux d'Al Qaïda aujourd'hui, en sont les réminiscences. L'espérance du Sisyphe révolté, c'est au contraire l'utopie fragile du printemps arabe jaillissant de Tunisie. Pour Robert Badinter, c'est l'abolition de la peine de mort et la création de la Cour pénale internationale, châtiant les criminels sans plus recourir à la peine capitale. Mais le combat de Camus contre l'asservissement des peuples reste mis à mal... Dans les rues d'Oran où vécut Camus, l'écrivain Boualem Sansal exprime son amertume. Il est rejeté par les islamistes, comme le fut Camus (dont l'oeuvre n'est toujours pas éditée en arabe à ce jour !), considéré comme un traître par le FLN malgré son appel à la réconciliation. Quand Sisyphe se révolte est un documentaire un peu classique dans sa forme, mais instructif. Il aurait toutefois pu l'être plus encore s'il avait donné la parole aux jeunes.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 90

Couleur/NB : Couleur

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