La Traversée

Film

Elisabeth Leuvrey

Année de production :  2011

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2013

Date de sortie en France :

  • 17/04/2013

Société(s) de production :

Description

Résumé

»La mer est belle, nous allons faire un beau voyage, que Dieu soit avec vous» annonce le capitaine de L'�}le de beauté, le ferry qui rallie Marseille à Alger. Tandis que des voitures surchargées de bagages hétéroclites s'engouffrent dans le ventre du bateau, les voyageurs prennent leurs marques pour un voyage rituel de vingt-quatre heures, les ramenant, le temps des vacances d'été, vers leur terre natale. �0lisabeth Leuvrey invite ainsi le spectateur à bord d'un navire, lieu propice à la libre expression de femmes et d'hommes aux profils divers, mais tous issus de l'histoire franco-algérienne. Appartenant elle-même à cinq générations «d'Européens de la Méditerranée», la réalisatrice mainte fois primée pour son court métrage Matti Ke Lal, fils de la Terre (1998) entreprend La Traversée, en s'inspirant directement de ses nombreux allers et retours entre les deux mondes de son enfance. Sans préambule, le documentaire s'immisce dans l'intimité des conversations de groupes qui devisent à différents endroits du ferry. «Demain je sais que je vais être au bled, et ce bled, je ne le connais pas. Je me fais croire que je retourne en Algérie et que je retourne chez moi. Je ne retourne pas chez moi, parce que je sais que ce n'est plus chez moi. J'y retourne parce que je me suis trouvé malgré moi dans la place de mon père», dit Ben, tiraillé comme tant d'autres par sa double appartenance. Ce témoignage illustre bien ce qui est le coeur de ce récit sur la mémoire, l'identité et la transmission de la pensée kabyle, chère au sociologue de l'émigration Abdelmalek Sayad à qui la cinéaste dédie son film. Loin des représentations médiatiques caricaturales des migrants, c'est-à-dire de l'Autre, Leuvrey poursuit son questionnement central sur le déracinement ou l'acculturation à travers les témoins, toutes générations confondues : où est ma place et quelle place m'a-t-on fait en France? Pourquoi les Français ne nous aiment-ils pas ? Qu'est-ce que l'intégration ? («C'est être républicain. Moi, j'ai lu Rousseau et je sais ce qu'il dit !» décrète Aziz à Mouloud). En choisissant un contexte dépouillé et neutre (la mer, le ferry, l'horizon) favorisant l'épanchement des passagers, la cinéaste se détache du contexte exclusivement social pour apporter un éclairage inédit, d'ordre affectif, révélant ce sentiment d'être mal-aimés par la France, quitte à ne la rejeter qu'en apparence. La mer, «ce lieu où le monde se renverse et s'inverse» selon Bourdieu, est le support essentiel de La Traversée en ce qu'elle délie les langues le temps de ce «rite de passage» entre deux mondes, à l'aller comme au retour, tout en invitant à la rêverie. «Est-ce que ça existe, quelque chose qui ne serait ni l'un ni l'autre ? Pour l'instant on ne débarque pas. L'idéal serait peut-être d'arriver à faire de deux mondes, un troisième monde», imagine Ben plein d'espoir. Par ses images, les visages et les mots des migrants, le beau film d'�0lisabeth Leuvrey donne corps aux «vagues à l'âme» exprimés, posant un regard à la fois neutre, pudique et tendre sur chacune de ces histoires singulières.La mer est belle, nous allons faire un beau voyage, que Dieu soit avec vous» annonce le capitaine de L'�}le de beauté, le ferry qui rallie Marseille à Alger. Tandis que des voitures surchargées de bagages hétéroclites s'engouffrent dans le ventre du bateau, les voyageurs prennent leurs marques pour un voyage rituel de vingt-quatre heures, les ramenant, le temps des vacances d'été, vers leur terre natale. �0lisabeth Leuvrey invite ainsi le spectateur à bord d'un navire, lieu propice à la libre expression de femmes et d'hommes aux profils divers, mais tous issus de l'histoire franco-algérienne. Appartenant elle-même à cinq générations «d'Européens de la Méditerranée», la réalisatrice mainte fois primée pour son court métrage Matti Ke Lal, fils de la Terre (1998) entreprend La Traversée, en s'inspirant directement de ses nombreux allers et retours entre les deux mondes de son enfance. Sans préambule, le documentaire s'immisce dans l'intimité des conversations de groupes qui devisent à différents endroits du ferry. «Demain je sais que je vais être au bled, et ce bled, je ne le connais pas. Je me fais croire que je retourne en Algérie et que je retourne chez moi. Je ne retourne pas chez moi, parce que je sais que ce n'est plus chez moi. J'y retourne parce que je me suis trouvé malgré moi dans la place de mon père», dit Ben, tiraillé comme tant d'autres par sa double appartenance. Ce témoignage illustre bien ce qui est le coeur de ce récit sur la mémoire, l'identité et la transmission de la pensée kabyle, chère au sociologue de l'émigration Abdelmalek Sayad à qui la cinéaste dédie son film. Loin des représentations médiatiques caricaturales des migrants, c'est-à-dire de l'Autre, Leuvrey poursuit son questionnement central sur le déracinement ou l'acculturation à travers les témoins, toutes générations confondues : où est ma place et quelle place m'a-t-on fait en France? Pourquoi les Français ne nous aiment-ils pas ? Qu'est-ce que l'intégration ? («C'est être républicain. Moi, j'ai lu Rousseau et je sais ce qu'il dit !» décrète Aziz à Mouloud). En choisissant un contexte dépouillé et neutre (la mer, le ferry, l'horizon) favorisant l'épanchement des passagers, la cinéaste se détache du contexte exclusivement social pour apporter un éclairage inédit, d'ordre affectif, révélant ce sentiment d'être mal-aimés par la France, quitte à ne la rejeter qu'en apparence. La mer, «ce lieu où le monde se renverse et s'inverse» selon Bourdieu, est le support essentiel de La Traversée en ce qu'elle délie les langues le temps de ce «rite de passage» entre deux mondes, à l'aller comme au retour, tout en invitant à la rêverie. «Est-ce que ça existe, quelque chose qui ne serait ni l'un ni l'autre ? Pour l'instant on ne débarque pas. L'idéal serait peut-être d'arriver à faire de deux mondes, un troisième monde», imagine Ben plein d'espoir. Par ses images, les visages et les mots des migrants, le beau film d'�0lisabeth Leuvrey donne corps aux «vagues à l'âme» exprimés, posant un regard à la fois neutre, pudique et tendre sur chacune de ces histoires singulières.

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 72

Couleur/NB : Couleur

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