Un vrai faussaire

Film

Jean-Luc Léon

Année de production :  2015

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2016

Date de sortie en France :

  • 02/03/2016

Société(s) de production :

Description

Résumé

Service des scellés du tribunal de Créteil. ì la lueur d'une torche, un préposé extrait un à un des toiles, gouaches et dessins signés des plus grands maîtres de la peinture moderne : Monet, Matisse, Picasso, Chagall, Léger, Dufy... Tous merveilleusement faux ! Le policier qui l'a arrêté, le procureur qui a requis contre lui, un collectionneur suisse dupé, un expert auprès du tribunal et Jean-Baptiste Péretié, qui l'interviewe pour France Culture, introduisent leur auteur : Guy Ribes, pasticheur génial et escroc flamboyant qui, durant trente ans, a inondé le marché de l'art de centaines d'oeuvres plus fausses les unes que les autres mais dûment authentifiées. Sa production, dont 350 exemplaires ont été saisis, est estimée à un total de 1 000 à 1 500 pièces. Il est rare de pouvoir approcher un faussaire, par définition anonyme. Son arrestation, sur dénonciation, et sa condamnation en 2010 à trois ans de prison, dont un ferme, ont permis au réalisateur Jean-Luc Léon de lui proposer ce portrait constitué d'entretiens et de témoignages. Silhouette et gueule à la Maigret, période Jean Richard, Guy Ribes nous livre son parcours, haut en couleur, avec sans doute quelques enjolivements. On ne se refait pas ! Né près de Roanne en 1948, il passe son enfance à l'hôtel du Cheval Blanc, un bordel tenu par ses parents, également propriétaires du cinéma local. Un père, géant autocrate, qui finira aux assises pour meurtre, une mère miniature, gitane et cartomancienne : c'est en pension chez les Jésuites que le jeune Guy découvre son talent. Formé dans un atelier lyonnais de peinture sur soieries, il sera contraint par son père d'intégrer l'armée. Sa vie en sera définitivement changée. Après des années de vadrouille, il atterrit dans le Midi en 1975 et commence à peindre des faux pour, dit-il, les rendre accessibles à un ami. Sa rencontre avec un marchand de tableaux le fait basculer de l'artisanat à la production intensive. Installé dans un atelier à Saint-Mandé, il fournit à la demande de faux Matisse, Chagall, Picasso... Outre son indéniable don, le coup de génie de Guy est de ne jamais réaliser de copies : il travaille "à la manière de", étudie longuement ses modèles et intègre tout à la fois leur univers et leur gestuelle. Personnage de roman comme on ose à peine en rêver, Guy Ribes raconte, sous l'oeil de la caméra ludique de Léon, comment il a gagné des sommes astronomiques aussitôt dépensées en voyages, folies luxueuses ou perdues au casino, bref, combien il s'est amusé, nonobstant les quelques comparses indélicats qui l'ont parfois grugé ! Et tandis qu'il confie sa vie, ou du moins ce qu'il en a décidé, dans un verbe que ne renieraient pas les Apaches des Fortifs, il vous torche une encre gouachée de Picasso de 1915, un Léger, un petit Miró et une toile de Matisse, plus vrais que nature. Fascinant ! Et inquiétant pour les collectionneurs car au fond, qu'est-ce qui différencie le vrai du faux, auquel tant de gens se sont laissés prendre ? Au contraire de ses inspirateurs, Guy Ribes n'a pas inventé de formes mais il en a prodigieusement saisi les ressorts et enfoncé durablement un coin dans la confiance qui fonde le marché de l'art. Un vrai faussaire est aussi passionnant qu'instructif, aussi cocasse que troublant.

Générique

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 90

Couleur/NB : Couleur

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