Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2015
Date de sortie en France :
- 04/11/2015
Description
Résumé
Le 12 janvier 2013, Marseille fêtait en grande pompe, avec un feu d'artifice et moult spectacles de rue, son statut éphémère de capitale de la culture européenne. L'événement a été l'occasion de la rénovation du Vieux-Port et de la construction de musées, dont le fameux MuCEM, dédié aux cultures méditerranéennes et qui devait devenir le nouveau phare de la deuxième ville de France, longtemps délaissée par les touristes. Parallèlement, les élus marseillais ont lancé des travaux de rénovation urbaine, qui prévoyaient la réfection de plusieurs immeubles dans le centre, ainsi que la construction d'un vaste quartier, Euroméditerranée, où des bureaux flambant neufs voisineraient désormais avec un hôpital, des logements écolos et un nouveau centre commercial. Dans la tête du réalisateur de ce documentaire militant, Nicolas Burlaud, ces deux grands projets - l'un culturel, l'autre urbaniste - participent d'une même volonté : gaspiller l'argent public pour chasser les Marseillais pur jus du centre-ville afin d'y attirer des populations riches et des touristes. Pour illustrer son propos, Burlaud est allé à la rencontre de différentes associations, dans le centre et la périphérie de la cité phocéenne. Il donne la parole à tous les habitants qui se sentent lésés par la transformation de la ville. ì commencer, logiquement, par ceux qu'on force à quitter leur logement et qui s'inquiètent de l'embourgeoisement du centre. Un processus qui s'accompagne d'un certain nombre de mesures, comme l'extension de la vidéosurveillance et l'expulsion des commerçants du "marché de la misère" local. Marseille veut donc se donner une image plus respectable, ce qui, dans la tête des locaux, semble pire que la lèpre. Le problème, c'est qu'on a l'impression qu'à part rejeter en bloc toutes les propositions, les Marseillais ne se donnent pas beaucoup de peine pour changer les choses, qu'ils n'en ont pas vraiment envie. Dans un quartier, la ville a ainsi proposé la mise en place d'un "jardin éphémère" : les associations et les habitants ont rejeté le projet, arguant qu'ils voulaient une solution pérenne. Le jardin n'a pas été mis en place, et cette petite zone en friche au milieu des HLM sert désormais davantage de décharge publique que de terrain de jeu. Quant à l'arrivée massive de touristes, c'est là aussi un problème : ils ont le malheur d'accoster à proximité des musées - quand auparavant ils devaient traverser la ville : pour les Marseillais interrogés, cette mesure ne vise pas à améliorer le trafic mais à les empêcher "de croiser un Noir ou un Arabe". Il y a sans aucun doute des combats justes : lutter contre les expulsions, associer les quartiers nord à la rénovation urbaine. Le problème de ce documentaire, c'est qu'il vilipende systématiquement toutes les mesures prises par les pouvoirs publics et que Burlaud ne donne jamais aux accusés la possibilité de se défendre. L'argumentaire qui en résulte est aussi ténu et bancal que les cadrages. C'est d'autant plus dommage que le sujet du film aurait pu aboutir à un vrai débat autour de la notion de ville, de cité, de quartier, des termes trop souvent utilisés dans un sens péjoratif, quand ils devraient au contraire être synonymes de vitalité.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 72
Couleur/NB : Couleur