Laurette 1942, une volontaire au camp du Récébédou
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2016
Date de sortie en France :
- 06/04/2016
Description
Résumé
Laurette Monet a 19 ans quand, en arrivant au camp d'internement du Récébédou, elle écrit dans son journal : "Le fanatisme se nourrit du mol acquiescement de tous". Nous sommes en juillet 1942, la jeune protestante vient de se porter volontaire pour intégrer, en tant qu'infirmière, l'un des camps d'internement du Sud de la France. Ancienne cité ouvrière proche de Toulouse, transformée en camp pour accueillir les réfugiés espagnols républicains et les Juifs fuyant la zone occupée, le Récébédou est progressivement devenu un instrument de propagande du gouvernement de Vichy. Laurette arrive à ce moment-là, sans se douter que ce qui n'était au départ qu'une mission de remplacement aboutira à son engagement au sein de la Résistance. La force de son combat, relaté en 1993 dans un livre, Les Miradors de Vichy, pousse le réalisateur Francis Fourcou à retrouver sa trace pour la faire témoigner. Trop tard, malheureusement : Laurette est décédée. Dès lors, comment donner la parole à une femme disparue ? En imaginant Laurette en 1993, alors qu'elle projette d'écrire son livre et se replonge dans son passé, Francis Fourcou invoque également la jeune fille de 1942, et les fait se rencontrer. Entre elles, se noue un dialogue qui décloisonne le passé et le présent, composant une sorte de va-et-vient dans le temps, auquel s'ajoute le réel des images d'archives et la fiction des scènes reconstituées d'après le livre de Laurette. D'abord docile à son arrivée au camp, se contentant d'apporter un peu d'humanité aux internés, Laurette se livre à ses premiers actes de résistance en faisant sortir clandestinement leurs lettres, le courrier étant systématiquement contrôlé. Mais les conditions d'internement se dégradent encore et, lorsque le cortège des déportations commence, Laurette refuse définitivement de se soumettre à la loi des hommes. Symbole de l'engagement des femmes dans la Résistance, trop souvent oubliées de l'Histoire - sur 1038 Compagnons de la Libération, on ne compte que six femmes -, sa voix se mêle à celles des résistantes et survivantes qui ont connu l'horreur. Laurette 1942 tire sa force de cet entrelacement de témoignages singuliers, d'autant plus précieux qu'il n'existe que très peu de films et de photographies pour rendre compte des conditions de vie inhumaines au sein des camps. Le film de Francis Fourcou révèle à ce titre des images inédites orchestrées par le gouvernement de Pétain, qui invita en 1941 des journalistes américains à venir visiter les camps français. Jusqu'ici conservées (cachées ?) dans les archives de l'université américaine UCLA, ces images soulignent l'ampleur de la propagande de Vichy, qui a tenté par tous les moyens de cultiver la neutralité des �0tats-Unis. Mais les sourires forcés des internés ne dupent pas, et ces images renvoient au questionnement essentiel qui sous-tend le film et dénonce l'aveuglement volontaire, ce "mol acquiescement" dénoncé par Laurette en introduction, lequel entretient et cautionne l'inacceptable. En mêlant documentaire et fiction, Laurette 1942 constitue un bel hommage aux femmes de la Résistance autant qu'un témoignage nécessaire sur les camps d'internement français.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 97
Couleur/NB : Couleur