Down to Earth
Film
Gardiens de la terre
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 13/04/2016
Société(s) de production :
Description
Résumé
Ce projet se fonde sur une intention, certes, louable : ouvrir sur le monde d'autres chemins et, les empruntant, venir à la rencontre de personnes si radicalement autres que soi - chamanes, guérisseurs, sages et "gardiens de la terre" - qu'ils ne peuvent que faire bouger les certitudes sédimentées en soi. Hélas, le résultat brille par son inconsistance et sa sotte morale. Car voilà donc cet autoproclamé "appel à réveiller les consciences" et "espoir pour l'avenir", véhémentement porté par un jeune couple de beaux spécimens blonds, sains et athlétiques, voyageant en 4x4 et en avion (quid de l'empreinte carbone ?) et nous faisant doctement la leçon tout en exposant les motivations qui les ont poussés à rompre avec la société et à questionner le sens de leur vie. Le moteur fut, pour eux, la naissance des enfants et "le sentiment soudain de faire partie d'une lignée qui s'étend au-delà de sa vie même. �`tre impliqués de manière si proche dans la génération à venir a radicalement modifié [leur] façon de voir les choses". Or, si on ne doute pas un seul instant que ce voyage, à la fois dans le vaste monde et au coeur de leurs convictions et choix de vie, ait été pour eux inoubliable, pourquoi diantre nous en infliger les images ? Par ailleurs mal montée (c'est un métier et pas le leur), mal pensée (ressassement infiniment bêta sur la vie, ce cadeau), sans perspective aucune (la prise de recul n'est pas leur genre), cette juxtaposition brouillonne et indigeste de destinations (Australie, �0quateur, Namibie, Irlande, Kenya, Pérou, Inde, �0tats-Unis) et d'interlocuteurs divers, dont aucun ne fait vraiment sens, même si tous individuellement sont attachants, n'a aucun intérêt. Alors, pour ne pas sombrer complètement, on regarde, non sans émotion, le très beau visage, sculpté par les années, de Nowaten, "celui qui écoute". Ce chamane Potawatomi (une tribu nord-américaine), aujourd'hui décédé, ce que nous dit avec emphase un long plan fixe sur sa chaise vide, crève littéralement l'écran et sa belle voix grave nous fascine comme elle fascina les réalisateurs (il est d'ailleurs l'élément motivant du projet). De même le Kényan Mokompo Ole Simel, vieux sage à l'oeil vif et rieur, retient notre intérêt par son intensité, par le plaisir manifeste qu'il prend à échanger et débattre, et par la solidité de sa personnalité. Enfin, l'image des trois enfants souriants des réalisateurs, jouant si joyeusement avec d'autres, aussi noirs qu'ils sont blonds, est, par sa dimension proprement illustrative et déclarative (vois comme la diversité est belle et fait monde !), une image à laquelle on accepte de se laisser prendre. Pour le reste, pas sûr qu'il suffise d'être un chamane estampillé "lien entre les mondes physique et immatériel" pour retenir l'attention d'un spectateur qui, au final, n'a qu'une hâte : retrouver sa propre communauté urbaine. Le duo de réalisateurs, Rolf Winters et Renata Heinen, a donc malheureusement échoué dans sa mission.
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 90
Couleur/NB : Couleur