Brûle la mer
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2016
Date de sortie en France :
- 09/11/2016
Description
Résumé
Brûle la mer trouve sa signification dans un contexte particulier, dont il est à peu près impossible de ne pas dire deux mots : si ce n'est leur population, les gouvernements et les états de l'Europe communautaire ne veulent pas entendre parler d'accueillir les vagues de migrants venus d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient qui, en grand danger, frappent à leur porte. Moins ils les accueillent, plus se multiplient les films qui ont pour sujet la question du migrant ou de l'exil. Avec des "bonheurs" divers, ces films sont des cris qui ne font pas de bruit, des appels au secours que l'indifférence rend aphones. Brûle la mer n'y échappe pas, tant il risque de faire face à notre sécheresse d'âme. Ce documentaire de Nathalie Nambot et Maki Berchache trouve son étincelle d'origine dans les trois difficiles années de silence et de peur qui ont précédé la chute de Ben Ali - trois années d'un volcan qui brûlait de l'intérieur et semblait ne jamais vouloir entrer en éruption - et le printemps qui s'en est enfin suivi. Printemps qui, pour beaucoup, n'a pas mis fin au désir de s'inventer un autre horizon, des issues nouvelles. Pourquoi abandonner un pays en pleine ébullition, où l'avenir semble à nouveau envisageable ? "Il y a mille raisons", explique Maki, l'un des protagonistes, et coréalisateur du film, lequel, à l'image des 30 000 Tunisiens qui ont quitté leur pays, est parti d'Arcifet, pour trouver, après une laborieuse traversée de la Méditerranée et à la suite d'un long périple à travers l'Italie - Lampedusa, Milan, Rome... - porte close à Paris, ou peu s'en faut. Si les migrants savent précisément ce qu'ils quittent, ils n'ont qu'une idée assez vague, où se mêlent l'imaginaire, l'espoir et la confiance en soi, de ce qu'ils vont trouver. Ce qu'ils trouvent, on le devine : les nuits sans toit, les chambres d'hôtel hors de prix, des relais familiaux plus ou moins fiables, des compatriotes pas mieux lotis, des associations débordées, les complications administratives, les contrôles policiers, la fatigue, le froid, la misère... Il en résulte une âpreté des témoignages énoncés sur un ton très calme, voire monocorde, que viennent tempérer des regards, des poèmes mélancoliques de Salah Faik et Mahmoud Darwich. Fait de longs plans-séquences d'une grande quiétude, le tournage de Brûle la mer, s'il a reposé beaucoup sur les épaules de Nathalie Nambot, actrice, réalisatrice et militante associative, doit une bonne part de son existence à L'Abominable, laboratoire cinématographique partagé, atelier collectif d'artistes où sont mis à disposition aide et matériel de cinéma, du Super-8 au 35 mm. Ce qui permet au film de trouver un judicieux rapport d'échelle entre le sujet qu'il fait sien et les moyens mis en oeuvre pour le mener à bon port. Si Brûle la mer ne changera rien de toute évidence au sort que nous réservons aux migrants, au choix de non-assistance à personne en danger que fait l'Europe et notre pays en particulier, il n'en mérite pas moins d'être vu, en vertu de ses incontestables qualités cinématographiques, comme un très beau film.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 75
Couleur/NB : Couleur