Entre les frontières

Film

Avi Mograbi

Année de production :  2016

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2017

Date de sortie en France :

  • 11/01/2017

Description

Résumé

En l'espace de quelques années, quelque 50 000 demandeurs d'asile érythréens et soudanais - les premiers fuyant la guerre du Darfour, les seconds, la dictature -, sont passés en Israël par la frontière égyptienne. Mais le pays leur refuse le statut de réfugiés et la Knesset a voté, en 2012, dans le cadre de la loi « anti-infiltration », un amendement autorisant, sans autre forme de procès, leur détention pour une durée de 3 ans ; 3 000 d'entre eux sont ainsi reclus dans le désert du Néguev, dans le camp de Holot, près duquel se trouve, pour tout contrevenant aux trois appels quotidiens, la prison de Saharonim... Israël a pourtant signé, en 1951, la Convention internationale des réfugiés - mais que peut aujourd'hui un �0tat pour lequel la confession est indissociable de la nationalité, et où, à plus forte raison - Mograbi lui-même qualifiant, en entretien, Israël de « pays raciste » -, la question de la défiance à l'égard des Noirs - fussent-ils juifs - est visiblement tout sauf anodine ? Que faire, en somme, quand un pays rompt si ostensiblement avec ses principes fondateurs ? C'est dans ce contexte, et au sein même de Holot, dans une salle désaffectée, chichement meublée - un tapis et quelques chaises en plastique -, que le cinéaste Avi Mograbi et le metteur en scène Chen Alon ont choisi d'initier, avec une poignée de volontaires, un atelier de théâtre, les demandeurs d'asile y interprétant, c'est selon, les affres de la dictature qu'ils ont fuie ou les pressions de l'administration israélienne, qui tâche de les convaincre de rentrer chez eux. Quelques mois plus tard, six Israéliens se joignent à l'atelier ; l'une des séances consiste alors à composer, réfugiés et Israéliens confondus, une masse de corps indémêlables en se tenant par les mains. « Vous voilà coincés ensemble », commente, amusé, Mograbi. ì rebours des logiques identitaires et confessionnelles, et en toute cohérence avec les positions antisionistes du cinéaste, Entre les frontières dresse ainsi, mine de rien, un postulat des plus essentiels : c'est bien le propre d'une nation que de permettre la coexistence d'individus « coincés ensemble », agglomérés en société, campés sur un même territoire - toutes origines et confessions confondues - tantôt par choix, tantôt par la force des choses, pour y être nés ou s'y être réfugiés ; de faire primer, en somme, l'état de fait sur l'identité. Si, dans son dispositif, Entre les frontières ne prétend pas à la même complexité que les précédents films de Mograbi - en 2009, le remarquable Z32 appliquait au visage de son intervenant, vétéran de Tsahal coupable d'exactions meurtrières sur des Palestiniens, un masque numérique pour le moins troublant ; en 2013, Dans un jardin je suis entré orchestrait finement la collusion entre histoires intime et collective -, il ne se borne donc pas à la simple captation de l'atelier, donnant à voir - ou appelant de ses voeux - la refondation d'une société en ses marges, depuis ses plis - entre ses frontières, au coeur même d'un « no man's land » -, la fidélité renouée avec ses principes originels.

Genre : Documentaire

Générique

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 84

Couleur/NB : Couleur

Exploitation

Exploitation Paris : 2 salles, 1 077 entrées la première semaine, 1 934 entrées totales

Exploitation France : 17 salles, 2 994 entrées la première semaine, 5 073 entrées totales

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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