Paris est une fête - Un film en dix-huit vagues

Film

Sylvain George

Année de production :  2016

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2017

Date de sortie en France :

  • 12/04/2017

Description

Résumé

Après le remarquable Vers Madrid, dans lequel il s'intéressait aux Indignados occupant la Puerta del Sol en mai 2011, Sylvain George est de retour à Paris et poursuit son travail poético-politique de mise au jour de l'état de notre société. Le film commence par des images nocturnes et hallucinées de la capitale. Obélisque, grande roue, militaires nous apparaissent comme au travers d'un rêve. Puis ce sont des gens qui s'installent pour dormir dans la rue. Le carnet d'un de ces sans-logis où est écrit : « Je voudrais aller en Norvège », ou encore « J'aime beaucoup mon pays, l'Afghanistan ». Des policiers les délogent. Sur un quai de Seine, un jeune homme raconte son parcours : Guinée, Mali, Burkina-Faso, Maroc... Il raconte comment ses compagnons d'infortune et lui se retrouvèrent à quarante-cinq sur un petit bateau, bientôt à court de carburant, et comment certains décidèrent de sacrifier l'un d'entre eux, le jetant à la mer parce qu'il était gros et prenait trop de place. Suit une séquence étrange : nous plongeons dans une forêt de tournesols fatigués qui, filmés en contre-plongée, paraissent immenses. La séquence se termine sur le plan d'une stèle à la mémoire de Zyed Benna et Bouna Traoré. Le cinéaste tourne ainsi les pages de son récit, alternant prises de vue des bougies, des photos de disparus place de la République à la suite des attentats ou encore scènes du mouvement Nuit Debout, avec des moments de pure magie visuelle, telles ces mains se détachant de l'obscurité, exécutant une sorte de chorégraphie douce et hypnotique, ou bien ces têtes de poisson sur les marches d'un escalier du métro. Sylvain George semble prendre ici un peu de distance avec la charge militante de ses précédents films. Il insiste moins frontalement sur la violence et s'autorise davantage d'abstraction. Dans Vers Madrid se dessinait déjà cette approche presque méditative du dialogue avec le réel. Non que l'auteur ait perdu sa flamme militante, chose des plus improbables, mais il ne cherche pas à reproduire le choc de l'inoubliable et terrible diptyque Qu'ils reposent en révolte et Les �0clats. Sylvain George poursuit sans se répéter son travail d'écriture cinématographique du monde, travail éthique autant qu'esthétique, pariant toujours sur l'intelligence du spectateur. Le fil conducteur de Paris est une fête est ce jeune homme réfugié, Mohamed Camara, que l'on voit marcher dans la ville, s'installer pour dormir contre une voiture, que l'on entend aussi chanter. Il y a dans ce film une sorte de calme, non synonyme de fatigue ou de résignation, mais au contraire de détermination. Détermination tant à lutter qu'à parler sa propre langue. De films en films le cinéaste, à mille lieues des sentiers battus, compose sous nos yeux sa propre grammaire. �0tonnant que cela nous étonne. Ne serait-ce pas après tout ce vers quoi tout cinéaste devrait tendre ? Au sortir de ce poème « en 18 vagues », on se retrouve oxygéné, vivifié ainsi qu'on peut l'être après un film de Chris Marker, réalisateur au style bien différent mais qui, avant Sylvain George, travailla lui aussi à une sorte de grand film sans fin, nous donnant régulièrement des nouvelles.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 95

Couleur/NB : Couleur

Exploitation

Exploitation Paris : 3 salles, 363 entrées la première semaine, 493 entrées totales

Exploitation France : 3 salles, 363 entrées la première semaine, 493 entrées totales

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