Une douce révolte
Film
Une douce révolte
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 26/04/2017
Description
Résumé
Oubliés, Seattle ou Gênes... Fini, le temps où les altermondialistes se donnaient rendez-vous dans la rue pour réclamer davantage de justice sociale et économique... Aujourd'hui, quand on veut montrer qu'on est anti-système, on plante des patates. C'est tout l'objet de ce documentaire, qui présente différents projets d'économie douce : les monnaies locales, les banques de temps, les « cités lentes »... Manuel Poutte adosse son propos à celui d'un éminent économiste, Bernard Lietaer, fervent défenseur des monnaies complémentaires au nom d'un principe assez simple : « En aucun cas une monoculture ne peut être stable ». Le monopole monétaire actuel, avec son système de taux d'intérêt, encourage des développements à court terme. Un vrai frein, quand on sait que seuls 2 à 3 % des échanges monétaires mondiaux sont investis dans l'économie réelle. C'est ce qui a conduit Philippe et Mylène Vachette à créer l'Elef, une monnaie locale de la région de Chambéry qui connaît un succès certain. ì l'instar de Baloo dans Le Livre de la jungle, il leur en faut peu pour être heureux : une promenade dans la campagne, un bon gueuleton sur la grande table en bois de la cuisine... Car ce que veut montrer Une douce révolte, c'est que l'argent ne fait pas le bonheur, mais la monnaie locale, oui. Il faut donc rétablir du lien social, ce que proposent pléthore d'initiatives : l'Accorderie permet à ses membres d'échanger du temps - un baby-sitting contre une réparation d'ordinateurs, un déménagement contre un cours de maths... -, Jeremy fabrique du fromage de brebis en ville, Les Petites Tables fouille une fois par mois les poubelles d'un supermarché et organise ensuite une distribution gratuite, et à Grigny, dans le Rhône, on soutient chaque année une Journée de la désobéissance. Car depuis 1999 et la naissance à Orvietto, en Italie, du concept de Cittaslow, la « cité lente », de nombreuses villes imaginent comment se réapproprier le patrimoine local - spécificités économique, culturelle, paysage... L'idée étant de réapprendre à se contenter de ce qui existe à côté de chez soi. Le film enfonce alors des portes ouvertes en nous recommandant de manger des légumes de saison. N'empêche. Plus de 200 villes dans 30 pays ont depuis obtenu le label qui récompense le « bien-vivre », preuve que l'idée de décroissance intelligente fait plus que son petit bonhomme de chemin, jetant des ponts, réunissant ses partisans plus qu'elle n'encourage le repli sur soi. En Belgique, ce concept a donné naissance à un mouvement, le Rassemblement R, qui tente dans une indifférence assez criante de montrer que des alternatives aux politiques traditionnelles existent. Une douce révolte emboîte donc le pas à tous ces documentaires positifs qui, comme le césarisé Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, montrent que des solutions existent et qu'elles rendent les gens heureux. Il y a là matière à créer des vocations. Mais en définitive, le film, dans la mesure où il sera diffusé de façon marginale, essentiellement sous la forme de projections-débat, devrait surtout prêcher des convaincus.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 69
Couleur/NB : Couleur