Good vibrations

Film

Lydia Erbibou

Année de production :  2016

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2017

Date de sortie en France :

  • 15/11/2017

Description

Résumé

La cinéaste Lydia Erbibou s'est intéressée, dans ce nouveau film, à une classe de musique au sein de l'Institut National des Jeunes Sourds de Paris (créé en 1791 et accueillant des jeunes sourds de 3 à 20 ans). Les sourds et la musique, quelle étrange association pourra-t-on penser. Pourquoi les forcer à aborder un art qui ne les concerne pas ? Deux minutes de film suffisent à répondre à cette interrogation. Les jeunes gens dont il est ici question prennent un plaisir évident à jouer avec les sons. Bénéficiant d'une salle unique en son genre, garnie de matériels de sonorisation communiquant les vibrations de chaque instrument aux participants par divers moyens, les ados suivant ce cours apprennent à apprivoiser le son de façon totalement ludique. Il ne s'agit pas de « rééducation » mais de plaisir. Leur professeure leur propose de réaliser un film, dont il faudra créer la bande-son, bruitage et musique. Nous suivons avec intérêt cette joyeuse bande de sales gosses inventer des personnages, des scènes, puis créer les sons pour les accompagner. Ils et elles, parlant la Langue des Signes Française, se révèlent expressifs, drôles et attachants. Ils se chambrent, bavardent, se dissipent, chahutent... De vrais gamins bien vivants, quoi. La verdeur et la beauté du langage de ces jeunes sont telles que Good Vibrations, dans ses meilleurs moments, prend des allures d'Entre les murs version sourds. En moins agressif et davantage bon enfant ceci dit. L'enseignante quant à elle utilise souvent la LPC (Langue française Parlée Complétée, fondée sur la lecture labiale et la distinction par un code gestuel des sons dont les « images labiales » sont identiques). Il aurait été intéressant que le documentaire précise cela, étant donné le risque que le spectateur non initié confonde LSF et LPC. Mais l'auteure a fait le choix d'un film sans voix off ni carton. En définitive, ce choix s'avère payant. On se laisse prendre par l'énergie du groupe et on passe sur ce que l'on ne saisit pas. La réalisation est un vrai travail de cinéma, et non de reportage télé. Erbibou s'attarde via de nombreux gros plans sur des mains, des visages, des silhouettes. Elle dépeint une atmosphère, une expérience, sans chercher à « l'expliquer ». On se prend vite d'affection pour Kamal, Louise, Owen, Raffaeli et les autres, et on se laisse porter par le montage impressionniste, fractionné, elliptique mais toujours pertinent. On pourra regretter que le dernier tiers du film, consacré au tournage des scènes en costume d'époque du film réalisé par les Jeunes, soit un peu hors-sujet, quittant le domaine de la musique pour celui du « making-off ». N'en demeurent pas moins d'évidentes qualités formelles, un sujet passionnant, de beaux personnages et, last but not least, la beauté de la LSF, langue d'une poésie folle que l'on « n'entend » pas assez au cinéma comme dans les médias. Grâce aux sous-titres blancs quand un personnage parle à l'écran, jaunes quand un personnage parle hors-champ, cyan pour les commentaires en voix off, rouges pour les bruits ou magenta pour les indications musicales, on a le sentiment d'un peu la comprendre.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 69

Couleur/NB : Couleur

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