Etre plutôt qu'avoir ? A l'école autrement

Film

Agnès Fouilleux

Année de production :  2017

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2018

Date de sortie en France :

  • 31/01/2018

Description

Résumé

ì l'heure où le ministre de l'�0ducation ne jure que par les neurosciences, où les blogs vantant les mérites de l'éducation positive se multiplient, où Les Lois naturelles de l'enfant, le livre de la linguiste Céline Alvarez, est un best-seller, Agnès Fouilleux vient ajouter sa pierre à l'édifice des enseignements alternatifs. Pour qu'ils ne soient plus alternatifs justement. Fouilleux s'intéresse aux pédagogies dites "actives" introduites par les pionniers, la Suissesse Maria Montessori et le Français Célestin Freinet, au début du XXe siècle et à leurs héritiers aujourd'hui. Dans une époque où prime encore le "chacun pour soi", l'idée est de montrer que la coopération et l'entraide s'enseignent et se transmettent, au sein d'établissements qui privilégient ces notions à la compétition. Après l'émigration clandestine (Un aller simple pour Maoré) et les enjeux environnementaux autour de l'agriculture (Small is Beautiful), Fouilleux questionne cette fois le modèle éducatif. "L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde" : la citation de Nelson Mandela ouvre le film, comme pour souligner ses enjeux cruciaux. L'entrée en matière est un peu laborieuse et moralisante (référence à Fukushima, à la guerre en Syrie, à Donald Trump, à Marine Le Pen... Quel avenir va-t-on laisser à nos enfants ?, etc., le tout sur un ton de maîtresse d'école un peu raide) avant de rentrer dans le vif du sujet. Philippe Meirieu, professeur émérite en sciences de l'éducation, propose un résumé éclairant sur les fondements du système éducatif actuel. Comment s'est imposé le modèle de la classe simultanée (élèves d'une même classe d'âge, apprenant la même chose), dominée par la figure du maître qui contrôle et punit, soit un modèle très vertical, au détriment d'un modèle anglo-saxon plus libre, qui mélange les élèves et les fait participer davantage. Et le spécialiste d'expliquer que le modèle formant "des citoyens dociles et de braves soldats" a été préféré pour des raisons politiques bien plus que par souci d'efficacité. Après une évocation de l'émergence du mouvement pour une éducation nouvelle, au sortir de la Première Guerre mondiale, avec Montessori, Steiner ou Freinet, le documentaire propose ses moments les plus intéressants, à savoir des exemples concrets de la mise en application de cette pédagogie aujourd'hui. Dans une école primaire, une maternelle, à travers le réseau �0cole et Nature, on voit les enfants s'approprier les outils faits pour eux, guidés par une institutrice qui présente les activités et les règles du vivre ensemble. On voit surtout des enfants responsables et acteurs de leur apprentissage. Le documentaire donne aussi la parole à la psychologue Isabelle Filliozat, toujours précise et passionnante, sur la question de l'intelligence émotionnelle et relationnelle. Sont aussi évoqués l'omniprésence des écrans et des images, leur impact sur la construction de soi, et l'importance d'un retour à la nature. Fouilleux accomplit un travail de synthèse riche et documenté, brassant à la fois des grands concepts et leur application. Le film s'inscrit donc dans le sillage de Demain (C. Dion et M. Laurent), qui montrait des initiatives dans tous les domaines, pour construire un monde plus équitable et responsable. Celui des citoyens de demain, nos enfants.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 88

Couleur/NB : Couleur

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