Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2019
Date de sortie en France :
- 27/03/2019
Description
Résumé
Au commencement, Matthieu Haag était parti au Vietnam réaliser un film institutionnel pour une ONG. Celle-ci ne pouvant financer sa commande, il se concentra sur un projet de fiction personnel. Faisant incidemment connaissance de Monsieur Vu Tiên (73 ans) et de son orphelinat, il décida in fine de réaliser sur lui ce premier long, voyage quasi initiatique car au coeur de ses propres questionnements. En effet, impressionné enfant par les histoires que lui racontait sur sa vie sa grand-mère émigrée slovaque, "venue à pied en France ou peut-être en train, ce n'est pas important", Matthieu Haag s'interroge, comme par héritage, sur sa place dans le monde, vis-à-vis de sa compagne Corinne et de son éventuel rôle de père s'ils avaient un enfant ensemble. En parfaite et subtile métonymie, il rend palpable cette itinérance intérieure à partir de son voyage au Vietnam. Il en ressort un film pénétrant sur le déracinement tant affectif (les orphelins ont une famille éloignée) que géographique (tous viennent d'ailleurs). Mais aussi sur une double résilience. La sienne, qu'on découvre à la fin ("si je devais dire à ma grand-mère ce qu'est une famille, je lui dirais que Corinne est ma famille"), et celle, bouleversante, de Monsieur Tiên. Né dans une famille aisée et cultivée, il perd son père à 7 ans. Puis rate ses études, de ce fait comme de la guerre contre la France qui se déroule alors. ì ses malheurs se greffe un problème de vue que personne ne détecte et qui l'amène à se désintéresser de l'école et à devenir vagabond à 13 ans. "J'étais mort mais je vivais encore. Tous les gens autour de moi me regardaient". C'est en souvenir de cette période douloureuse qu'il décide de fonder son orphelinat. Sans aide de l'�0tat, en créant une agence de voyage pour le faire vivre et permettre aux 30 enfants qu'il héberge (600 depuis son ouverture) de manger et de se cultiver, à l'aune d'une banderole à l'effigie d'oncle Ho (Chi Minh) plaidant pour que "tout le monde mange à sa faim, s'habille selon ses besoins et ait droit à l'éducation". La première partie lui est entièrement dédiée. Entre cours, repas, cérémonie du thé et sorties en ville, M. Tiên se confie. Humblement. Sur des images prenant le temps (parfois trop ?) de capter les lieux et les personnes, souvent sur le bruit hors-champ de la circulation et des voix. Dont celle de Matthieu Haas nous guidant d'extérieurs (ville) en intérieurs (orphelinat), de relation avec les autres en sentiments intimes. Et nous transmettant, au passage, le vécu d'un peuple qui a beaucoup souffert. Puis, après un bref retour sur Paris, après avoir "fictionné" sa rencontre avec sa compagne Corinne, la deuxième partie se focalise sur le pré ado Kyên, sorte de représentation fantasmatique de l'enfant que lui-même et sa compagne pourraient adopter. Car mère d'une fille, Corinne ne peut plus enfanter. Le film se fait alors plus intimiste, cadre de plus près, observe plus posément - comme si nous nous interrogions nous aussi sur ce désir - puis se fixe sur Kyên et sa mère. Or, à les "espionner" dans leurs échanges, naît peu à peu l'impression que nous non plus nous ne sommes plus à notre place. C'est à la fois formidable et, avouons-le, un petit peu gênant.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 70
Couleur/NB : Couleur