Metamorphosis
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 21/09/2022
Description
Résumé
C’est dans le sud de la France, que Michel Patient - dont le précédent projet, le long-métrage de fiction Jeans Tonic, date de 1984 - a posé sa caméra pour filmer et raconter la vie des insectes. Durant trois étés et sur quelques milliers de kilomètres, du Gard jusqu’au Vaucluse, le réalisateur arpente les cours d’eau, les sentiers et même les habitations environnantes, pour illustrer (sous forme d’hommage, bien évidemment) l’œuvre de Jean-Henri Fabre. Homme de sciences et écrivain passionné par la nature et les insectes, ce dernier est, comme le rappelle un des chapitres du documentaire, un précurseur de l’éthologie (science qui étudie le comportement des êtres vivants, dans leur milieu naturel ou dans un environnement expérimental) et dont les travaux ont été notamment salués par Charles Darwin. Sur le papier, Metamorphosis défend une approche pédagogique et didactique, là où un Microcosmos jouait allègrement sur la prouesse technique pour susciter l’émerveillement et la beauté chez le spectateur. Mais ce qui aurait pu n’être qu’un énième documentaire animalier, se révèle progressivement une exploration pour le moins surprenante voire incertaine. Tourné avec une caméra 3D, le film déploie d’abord des images précises qu’il agrémente, ici et là, d’archives personnelles de Jean-Henri Fabre, ou encore, de références littéraires. Le travail de montage rend l’ensemble agréable à regarder. D’autres fois, la lumière naturelle et des focus plus approximatifs dessinent un projet parfois brut (car dans la limite de ses moyens ?). Sur le fond, le documentaire est encore plus étonnant. Pour cause, il n’entend pas vraiment montrer son sujet sous un jour nouveau. Hémiptères, coléoptères, hyménoptères, orthoptères, mantoptères... Tout comme les mammifères et les reptiles, les insectes sont soumis à des humeurs, des mœurs et des instincts. Certains sont universels (se nourrir, se loger, s’abreuver, se débarbouiller, s’aventurer, s’entraider, se reproduire), d’autres s’avèrent plus insolites (se dévorer ou se faire décorer). Ce qui les distingue, en revanche, est sans aucun doute cette fameuse métamorphose, illustration parfaite (ou métaphore ultime) de l’adaptabilité et de ce que Darwin définit comme la « lutte universelle pour la vie ». Mais là encore, la réalisation de Michel Patient se montre prudente. D’autant plus qu’elle obéit à un dispositif tout aussi hasardeux. En effet, Metamorphosis est découpé en plusieurs chapitres, qui, en raison de leur enchaînement et brièveté (certains segments ne se construisent que sur deux ou trois plans maximum), promènent, puis perdent le spectateur. Si bien que les singularités esthétiques et biologiques de chaque espèce peinent à se distinguer les unes des autres. Pourtant court, l’ensemble paraît de plus en plus bavard et redondant. Le projet nous laisse alors sur l’étrange impression de ne pas vraiment s’adresser à des non-initiés... et encore moins à des spécialistes de la question. Sa cible se situerait in fine entre ces deux horizons : des passionnés de nature, des rêveurs bucoliques, des promeneurs en manque d’évasion ? Sur ce plan, le film de Michel Patient a le mérite d’exister et d’offrir quelques jolis moments.
Genre : Documentaire
Informations techniques
Métrage : Long