"Toute ma vie est basée sur l'envie de vivre et d'être", confie avec une humilité confondante Madonna Thunder Hawk, née en 1940, une des fondatrices de l'American Indian Movement (AIM). Cette combattante infatigable n'eut de cesse de défendre les droits et la culture des Indiens d'Amérique depuis la conférence de décembre 1977 où, en présence de sa fille Marcy alors âgée de 17 ans, elle plaida pour le droit à l'autodétermination des Indiens. Pour autant, au fil des émouvantes, voire éprouvantes, images d'archives en noir et blanc ou en couleurs retraçant les principales étapes de ses combats, de l'occupation de l'�}le d'Alcatraz (1969-71) à l'opposition à l'oléoduc Dakota Access Pipe Line (DAPL) à Standing Rock en 2016, via le violent conflit de Wounded Knee en 1973, c'est aussi à l'Histoire d'un peuple qui ne connut que mépris, violences et tentatives d'acculturation depuis le traité de Laramie du 6 novembre 1868, que nous assistons. Mieux ! De la préservation de la nature au désir d'indépendance, le sujet trouve de fortes résonances avec l'actualité. "La Terre n'a pas de prix, ça fait partie de qui nous sommes", explique ainsi Madonna avec une conviction quasi chamanique, appuyée sur une sagesse ancestrale. De fait, les costumes, danses et chants relèvent d'un profond sentiment d'appartenance à une Nation. Curieusement, malgré la force dramatique des images et témoignages, c'est le rire qui domine lorsque Madonna Thunder Hawk, ses soeurs, filles et nièces se remémorent ces temps de luttes. "Vous ne saviez pas ce que vous faisiez mais vous l'avez fait", remarque, avec fierté, une des soeurs. Agir fut en effet le mot d'ordre. Au prix parfois d'un manque d'affection. "Quand tu es révolutionnaire, tu dois faire des sacrifices", admet Madonna. "Ce qu'elle faisait, c'était construire une Nation", consent sa fille Marcy avant de rajouter : "Je suis fière d'être mère. Je prends du temps avec mes enfants et je les élève". Parfois, l'humour surgit. Quand Mabel Ann objecte à sa soeur Madonna, trop nostalgique du passé : "On était juste sauvages et libres". Ou lorsqu'un adolescent réplique à un plus jeune lui demandant si les serpents pètent : "Tais-toi, ferme les yeux et écoute l'eau". Ou encore quand, en 1975, Marcy prévient - après avoir demandé à ses élèves de l'�0cole de la Survie qui étaient Washington et Jefferson : "Celui qui répond les pères de la Nation, je le tape" "Si vous voulez que les choses soient faites, amenez les femmes", conseille Chase Iron Eyes lors d'un meeting. Pour cause ! Solidarité, don de soi, courage, transmission... animent ces femmes "guerrières" (ainsi que se qualifie Madonna), plus filles de la Terre-Mère, d'Isis et d'Astarté que féministes... tandis que Marcy prépare la relève, à travers l'école qu'elle a fondée (Waniyetu Lyawapi). Après Incident à Oglala de Michael Apted (1992), Wind River de Taylor Sheridan et autre The Ride de Stephanie Gillard (2016), voilà un des plus édifiants et dynamisants documentaires sur les Indiens depuis la magnifique série TV 500 Nations de Jack Leustig (1994), produite par Kevin Costner.
Informations techniques
Métrage :
Long
Durée d'origine :
69
Couleur/NB :
Couleur
Exploitation
Exploitation Paris :
1 salles,
505 entrées la première semaine
Exploitation France :
1 salles,
505 entrées la première semaine