Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2019
Date de sortie en France :
- 18/12/2019
Société(s) de production :
Description
Résumé
Talking About Trees est le premier long métrage du réalisateur soudanais Suhaib Gasmelbari, qui est retourné sur sa terre natale pour suivre le Sudanese Film Group, une association de quatre cinéastes réunis par l'ambition de faire revivre le cinéma dans leur pays. Ibrahim, Suliman, Manar et Elltayeb ont 70 ans et se déplacent à travers le Soudan pour organiser des projections dans les villages. Une mission qui, à nos yeux, pourrait sembler assez insignifiante, mais qui prend un toute autre sens dans un pays où le cinéma a cessé d'exister dans les années 1990 et où il est toujours soumis à la censure. Le combat de ces réalisateurs au nom du septième art a commencé dans les années 1970 quand, après avoir étudié à l'étranger, ils sont revenus au Soudan pour tourner leurs films et ont créé une revue de cinéma. Malgré la fermeture des salles de cinéma et l'interdiction des films qui n'étaient pas ceux de propagande pour le régime, ils ont continué à filmer et à écrire, en faisant de l'art et de la liberté d'expression une véritable philosophie de l'espoir. Un espoir qui persiste jusqu'à aujourd'hui, lorsque le groupe essaye d'organiser une projection publique dans la capitale, en renouvelant un cinéma abandonné qui s'appelle, justement, La Révolution. Le réalisateur suit leurs démarches en vue de concrétiser le projet, s'attardant sur les conversations, les visages et les plus petits gestes de ces hommes qui, au-delà de leur passion pour le cinéma, sont liés par une profonde amitié. Le calme qui les entoure et l'approche contemplative avec laquelle sont filmés leurs actions et les espaces vides qu'ils reconstruisent, laissent, pour le temps d'un film, le chaos de la réalité en dehors des murs du cinéma. Mais le choix de ne pas parler directement de l'histoire et de la situation politique du Soudan n'empêche pas Talking About Trees d'être un film politique. Le pouvoir soudanais est toujours présent dans les difficultés rencontrées par le groupe et l'omniprésence e la religion est montrée avec ironie, comme dans la scène où la projection des Temps Modernes de Charlie Chaplin est accompagnée par le son de l'appel du muezzin. La quiétude qui règne dans le documentaire est entrecoupée par des extraits des films réalisés par les protagonistes, dont les images en noir et blanc touchent pour leur intensité expressive, en évoquant parfois le cinéma de la Nouvelle Vague, comme dans la scène où un homme est tué d'un coup de pistolet, qui rend hommage au début d'ì bout de souffle de Godard. Le film pourrait donc être considéré comme une déclaration d'amour au cinéma, mais il s'agit surtout d'une réflexion sur l'importance du regard et de l'imagination. Puisque c'est l'imagination qui a permis à Ibrahim de survivre dans la cellule où il avait été enfermé et qui le pousse encore aujourd'hui à regarder le monde à travers une caméra, même si c'est juste celle de son smartphone. Et il s'agit finalement de la seule chose qui donne la force de ne pas abandonner dans ces temps où, comme disait Bertolt Brecht dans un poème cité dans le film : "Parler des arbres est presque un crime".
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 94
Couleur/NB : Couleur