Identité
Autres titres :
- d'après le ballet "Crowd" (Titre de l’œuvre adaptée)
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2020
Date de sortie en France :
- 04/03/2020
Société(s) de production :
Description
Résumé
class="xl82" height="459" style="height: 344.25pt;width: 524.0pt;" width="698">La chorégraphe Gisèle Vienne, à l’origine de Crowd, pièce dont Si c’était de l’amour se veut une forme d’anti-captation (en lieu et place de la claustration de la caméra-congélateur d’images, l’échappatoire par le jeu du cinéma et son œil panoptique), insiste, tout au long des répétitions avec les danseurs, sur le mot “suspension”. D’abord comme indication factuelle, puis comme mantra, enfin comme poétique à part entière. Le tâtonnement du début, une fois consolidé par l’assise de la troupe, devient l’empreinte, ferme mais subtile, sur le sol du souvenir. Car Si c’était de l’amour ne ment pas : il s’agit d’un geste mélancolique en tant que “puissance égarante”, ce moment de dissociation - qui est la danse, la poésie corporelle - proche du trip, où la peine d’être sur la Terre et la joie de violenter cette peine se mêlent. Chiha filme un grand Je dansant, une troupe (le film, pas avare en travaux préparatoires, peut aussi se voir comme un carnet de croquis sur le mouvement, comme une grammaire qui décomposerait en une série d’enchâssements le grand cortège) qui apprend à se désagréger. En effet, l’émotion noire qui étreint le spectateur à la vue de cette rave reconstituée sur un champ d’apocalypse naît de la beauté qui annonce la ruine ; sous les amours nouvelles, un tapis de cendre, du plaisir chorégraphié, la douleur de la torsion, derrière l’unité, la persistance d’un habitus que la danse cherchera même fugacement à craqueler. Ce mythe de l’amour lâche, poisseux, flamboyant, aux frontières du réel et de la fiction, fusion qui apparaissait nettement dans Brothers of the Night, le dernier long métrage de Chiha, apparaît ici aussi, en filigrane : un néo-nazi dans la pièce, mi-hooligan mi-démon, s’ouvrira à l’amour d’un homme, tandis que dans les coulisses, son interprète masquera mal sa jalousie pour une petite histoire de coucherie. Le cœur lourd mais le pas en suspension, comme entre parenthèses, dans une implosion de l’infini qui fait qu’on ne discerne plus le rôle de l’Humain, le danseur de sa danse, l’individu du collectif. Les lentes séquences de répétitions précèdent donc de plus courtes escapades derrière le rideau mais pas derrière le masque - certains danseurs semblant encore se perdre dans leur partition, comme happés par le terrible noir qui les attend à la fin du spectacle. Peu importe alors de savoir précisément ce qui relève du réel ou du dansé, ce qui compte, c’est cet entrelacs de subjectivités qui se regroupent pour se déployer, en une pluie d’atomes restant, évidemment, en suspension. Et c’est cet interstice, cette parenthèse enchantée parce que triste, que travaille brillamment Chiha ; parenthèse que lui-même décide de refermer, en se mettant doublement en scène, à travers la solennité de l’archive d’abord, puis, dans le bord-cadre du présent, comme fantomatique, histoire de signifier que cette mosaïque de corps ne vise qu’à n’en former qu’un, intangible mais vivace, celui du souvenir d’un homme, qui lâche sa caméra et récupère son corps. |
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 82
Couleur/NB : Couleur