Si c'était de l'amour

Film

Patric Chiha

Année de production :  2019

Pays de production : France

Identité

Autres titres :

  • d'après le ballet "Crowd" (Titre de l’œuvre adaptée)

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2020

Date de sortie en France :

  • 04/03/2020

Société(s) de production :

Description

Résumé



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class="xl82" height="459"
style="height: 344.25pt;width: 524.0pt;" width="698">La
chorégraphe Gisèle Vienne, à l’origine de Crowd, pièce dont Si c’était de
l’amour se veut une forme d’anti-captation (en lieu et place de la
claustration de la caméra-congélateur d’images, l’échappatoire par le jeu du
cinéma et son œil panoptique), insiste, tout au long des répétitions avec les
danseurs, sur le mot “suspension”. D’abord comme indication factuelle, puis
comme mantra, enfin comme poétique à part entière. Le tâtonnement du début,
une fois consolidé par l’assise de la troupe, devient l’empreinte, ferme mais
subtile, sur le sol du souvenir. Car Si c’était de l’amour ne ment pas : il
s’agit d’un geste mélancolique en tant que “puissance égarante”, ce moment de
dissociation - qui est la danse, la poésie corporelle - proche du trip, où la
peine d’être sur la Terre et la joie de violenter cette peine se mêlent.
Chiha filme un grand Je dansant, une troupe (le film, pas avare en travaux
préparatoires, peut aussi se voir comme un carnet de croquis sur le
mouvement, comme une grammaire qui décomposerait en une série d’enchâssements
le grand cortège) qui apprend à se désagréger. En effet, l’émotion noire qui
étreint le spectateur à la vue de cette rave reconstituée sur un champ
d’apocalypse naît de la beauté qui annonce la ruine ; sous les amours
nouvelles, un tapis de cendre, du plaisir chorégraphié, la douleur de la
torsion, derrière l’unité, la persistance d’un habitus que la danse cherchera
même fugacement à craqueler. Ce mythe de l’amour lâche, poisseux, flamboyant,
aux frontières du réel et de la fiction, fusion qui apparaissait nettement
dans Brothers of the Night, le dernier long métrage de Chiha, apparaît ici
aussi, en filigrane : un néo-nazi dans la pièce, mi-hooligan mi-démon,
s’ouvrira à l’amour d’un homme, tandis que dans les coulisses, son interprète
masquera mal sa jalousie pour une petite histoire de coucherie. Le cœur lourd
mais le pas en suspension, comme entre parenthèses, dans une implosion de
l’infini qui fait qu’on ne discerne plus le rôle de l’Humain, le danseur de
sa danse, l’individu du collectif. Les lentes séquences de répétitions
précèdent donc de plus courtes escapades derrière le rideau mais pas derrière
le masque - certains danseurs semblant encore se perdre dans leur partition,
comme happés par le terrible noir qui les attend à la fin du spectacle. Peu
importe alors de savoir précisément ce qui relève du réel ou du dansé, ce qui
compte, c’est cet entrelacs de subjectivités qui se regroupent pour se
déployer, en une pluie d’atomes restant, évidemment, en suspension. Et c’est
cet interstice, cette parenthèse enchantée parce que triste, que travaille
brillamment Chiha ; parenthèse que lui-même décide de refermer, en se mettant
doublement en scène, à travers la solennité de l’archive d’abord, puis, dans
le bord-cadre du présent, comme fantomatique, histoire de signifier que cette
mosaïque de corps ne vise qu’à n’en former qu’un, intangible mais vivace,
celui du souvenir d’un homme, qui lâche sa caméra et récupère son corps. 

 

Générique

Écriture :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 82

Couleur/NB : Couleur

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