Yiddish

Film

Nurith Aviv

Année de production :  2019

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2020

Date de sortie en France :

  • 11/03/2020

Description

Résumé

“Les fantômes aiment le yiddish et, pour autant que je sache, ils le parlent tous. Je ne crois pas seulement aux démons et aux autres esprits, mais aussi à la résurrection. Je suis sûr qu’un jour, des millions de cadavres parlant yiddish se lèveront de leurs tombes, et la première question qu’ils poseront sera : quel est le dernier livre paru en yiddish ?” Si ces quelques mots prononcés par Isaac Bashevis Singer au moment de recevoir le Prix Nobel de littérature résonnent encore dans la mémoire de beaucoup d’entre nous, le yiddish n’est pas exactement devenu cette langue de fantômes qu’on aurait pu craindre après la solution finale et la destruction des Juifs d’Europe, soit la part essentielle de ses locuteurs, de tous ceux qui en mettaient tour à tour en musique les intonations, la drôlerie, l’ingéniosité, la mauvaise foi, la sagesse... Ce dont témoigne, à sa manière, Yiddish, le nouveau documentaire de Nurith Aviv où une langue, à nouveau, prend corps. De Paris à Berlin, de Tel-Aviv à Vilnius, Yiddish met en scène de jeunes yiddishistes d’aujourd’hui, hommes et femmes, plus jeunes encore que vous et moi. Des jeunes gens à qui ce treillis d’allemand, d’hébreu, d’araméen, de langues slaves et romanes, n’a pas été transmis comme une langue maternelle, des jeunes gens qui ne l’ont pas reçue comme le legs du quotidien de l’enfance mais qui, pour des raisons personnelles et obscures comme le sont la plupart du temps les raisons personnelles, sont allés au-devant de l’apprentissage du yiddish, en ont fait l’objet d’une étude méthodique, scolaire et raisonnée. Ainsi un rituel se répète, c’est le propre des rituels : une personne marche dans la rue avant de franchir la porte d’un immeuble. Arrivée chez elle où nous, spectateurs, l’avons suivie, lui incombe d’évoquer, face caméra, la vie et l’œuvre du poète de langue yiddish de son choix et d’en dire son poème préféré, ce à quoi toutes se prêtent très volontiers. À cette langue, le yiddish, perçue comme le fantôme d’un autre temps, l’émanation d’une époque révolue, s’en ajoute maintenant une seconde tout aussi anachronique et surannée, la poésie. La poésie du XXe siècle, celle d’avant la catastrophe, celle dont il a été dit précisément que l’existence ne serait plus possible après Auschwitz. Entre ces deux pôles, dans ce dispositif aussi simple que propre à donner le vertige, dans ce cadre aussi sage qu’une image, un film se déploie, oblige la critique de cinéma à marquer le pas devant la rêverie, à se réchauffer les mains à un brasier de questions dont les réponses n’auront sans doute d’autre forme que rêveries sans fin : qu’est-ce qu’une langue ? Parle-t-on de yiddishistes comme on parle de latinistes ? Un yiddishiste est-il l’équivalent d’un yiddishophone ? Une langue qui n’est plus parlée au café, à l’étal des marchés, d’une fenêtre à l’autre, est-elle encore une langue ? Le yiddish est-il une langue morte ? La poésie est-elle une langue ? Et si oui, est-elle une langue morte ? Chacun l’aura compris, l’auteur de ces quelques lignes vous prie de l’excuser d’exercer un métier sans intérêt. Seul compte d’aller voir Yiddish, ne manquez pas cette chance... de rêver... sans fin... d’hier et d’aujourd’hui...

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 60

Couleur/NB : Couleur

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