Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 14/10/2020
Société(s) de production :
Description
Résumé
class="xl82" height="442" style="height: 331.5pt;width: 524.0pt;" width="698">“Pendant vingt ans, j’ai suivi ma voie. Aujourd’hui on ne veut plus de moi. Mais je veux continuer”, conclut Stijn Hilgers malgré son ami objectant que “le monde change”. Filmé sur deux ans et demi, commençant en hiver par un mouvement de caméra descendant du ciel embrumé jusqu’au sol où dort Stijn comme pour nous amener de l’idéal au réel... et suivant le rythme des saisons, le récit nous fait partager les tentatives de Stjin, pour préserver ses idéaux mis à mal par l’hostilité des propriétaires, des citadins ou des grands éleveurs, dont les cheptels atteignent jusqu’à 6 000 bêtes quand son troupeau n’en compte que 150, ce qui est bien insuffisant pour entretenir la lande face aux machines et en dépit des dégâts qu’occasionnent celles-ci à l’environnement. L’intensité du stress est telle qu’il en a perdu des cheveux. “Avec 30 000 euros de revenus, et 60 000 de dépenses de maintenance, vétérinaire, achats..., il va falloir être créatifs”, prévient sa souriante épouse Anna. Or, créatifs, ils le sont ! Mais d’événements en émissions de télévision, de barbecues (finissant sous la pluie) en restauration, rien n’y fait. Ainsi, au fil des images, se trame un sombre western opposant la vie “sauvage” à l’urbanisme, le rêveur solitaire aux pressions des puissants fermiers et de l’État, l’esprit libertaire à la loi du marché... Cette tension prenante est soutenue par des images dont la beauté esthétique frôle parfois l’onirisme. Ainsi les prises de vue en surplomb quand, poussé par les chiens, le troupeau se meut tel des cellules vivantes ou lorsque la lande semble être une onde portée par le mouvement du berger et des animaux. Bulles d’air dans ce terrible “struggle for life” : l’amour et la complicité liant Stijn à son épouse Anna aussi bien qu’à sa famille, ses amis et ses animaux... et les sautes d’humour, comme ce mouton cherchant à manger une prise électrique de la radio de Stijn, ou quand ce dernier invite ses bêtes à jouer “les moutons de mer” en entrant dans un plan d’eau. Un peu d’espoir aussi quand il participe au colloque de Yeleni Europe [fédération d’une trentaine d’organisations paysannes qui, depuis son manifeste de 2007, prône la souveraineté alimentaire] par ailleurs l’occasion d’assister à une sidérante discussion de Stijn avec une femme d’accord avec lui mais ne pouvant le lui dire car employée d’un fermier. Ainsi va No Way, alternant moments de lumière et de sombreur. “Après le pain saucisse du Brabant et les porteurs de fromage d’Alkmaar, le berger devient patrimoine immatériel de l’Humanité”, annonce, triomphant, un quotidien. Lucide, Stijn tempère : “Si on est encore là dans cinquante ans”. Le bandeau final nous apprend qu’il avait senti juste. Ayant fait abattre ses 150 bêtes, Stijn, Anna et les siens vivent désormais dans une ferme en France. À voir comme un témoignage émouvant autant qu’un hymne à l’amour familial et à la nécessité d’aller envers et contre tout “au bout de ses rêves”. |
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 81
Couleur/NB : Couleur