Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 23/02/2022
Numéro RCA / VISA : 156629
Classification :
- Tous publics - 16/03/2022
Description
Résumé
Loin du regard des hommes, les nuages et les plus hauts sommets voisinent. Des volcans entrent en éruption. Des glaciers s’effondrent. Des avalanches dévalent les montagnes. La mer enfle. Des buffles luttent avec le courant du fleuve. Des hommes fuient le tsunami qui submerge la côte. Un ouragan ravage les maisons. Affrontant un autre tsunami, des habitants réfugiés sur un toit hurlent leur détresse. La mer emporte les routes, les voitures, les bateaux et les habitations. Des immeubles s’effondrent sous l’effet d’un tremblement de terre. Les volcans continuent d’entrer en éruption et de déverser des torrents de lave. Dans la nature, les événements ont laissé place à des cratères, les buffles ont traversé le fleuve et les rescapés du tsunami crient victoire. Comment résumer le dernier film d’Artavazd Pelechian ? Mis à l’honneur à la Fondation Cartier en 2020, le cinéaste arménien y avait présenté son dernier film, La Nature - le premier depuis un court métrage de 7 minutes en... 1994 -, qui sort donc enfin au cinéma. Il faut voir La Nature sur grand écran pour en apprécier l’expérience, plongée lyrique et terrifiante, et dans un noir et blanc envoûtant, dans un ballet de catastrophes naturelles. La nature de Pelechian n’est pas celle des petits lapins qui courent dans les champs, elle est sublime, comme la musique de la Missa Solemnis de Beethoven qui fait danser les nuages avec les sommets. Spectaculaire entrée en matière - littéralement. Pelechian aime le contrepoint, montrer une banquise où la glace, l’eau et le ciel semblent se confondre puis, aussitôt après, la netteté de la crête d’une dune dans le désert. Souffler le chaud et le froid. Alterner les torrents de neige et les coulées de lave. Cinéaste arménien devenu le chantre de l’école de Moscou, Pelechian ne fait pas dans le « joli ». Sa nature est puissante et revancharde, elle emporte tout. Un nuage de cendres enfle. Noir. Les animaux luttent contre le courant. La suite est une étrange symphonie d’images d’archives - tsunamis, tremblements de terre, ouragans - dans lesquelles l’humain est arraché en quelques secondes. Le tsunami du 26 décembre 2004 et ses centaines de milliers de morts, celui du 11 mars 2011 au Japon qui a provoqué l’accident nucléaire de Fukushima... C’est une succession de plans, fruit d’un incroyable travail d’archives, dans lesquels les vagues immenses emportent les habitations comme on souffle sur une poussière, où les cris et la musique s’entremêlent, racontent la peur. Au cœur de ce projet, il y a ce long plan-séquence, filmé par un amateur depuis le toit d’un immeuble au Japon, qui regarde la vague monter. Une digue cède, emporte des voitures. Un parking, des habitations. L’eau monte, monte, la caméra s’agite. La scène dure à peine quelques minutes. Aucun sous-titre, mais toujours la musique - Chostakovitch, Mozart. Le noir et blanc accentue le sentiment d’un monde qu’il n’est même plus temps de sauver. Nous revoilà loin des hommes, dans le tube d’une vague gigantesque, les chœurs du Kyrie de Beethoven montrent désormais les cratères vertigineux, le calme, les rescapés. Une heure de grand cinéma.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 63