Un homme prostré dans le cabinet d’un médecin se cache de celui-ci. Quelques décennies plus tôt. Antonio Laccabue est un enfant rachitique et atteint de problèmes psychiatriques. Il vit en Suisse avec sa mère immigrée italienne, mais celle-ci décède empoisonnée par son beau-père. Adopté par une famille locale, il passe de nombreux moments interné. Adolescent, il est contraint à vivre en Italie, dont il est citoyen mais sans y avoir vécu et sans parler la langue. Il vit en marginal dans la forêt, jusqu’à ce que, recueilli par un artiste local, il développe une passion pour la peinture et la sculpture. Atteint de problèmes d’élocution, bossu, il vit des maigres revenus qu’il engrange en peignant et en sculptant. Il est marqué par la mort d’une petite fille à qui il avait promis de réparer sa poupée. Nourri et logé par la commune, il développe son art naïf. Il tourne dans un film sur les habitants des rives du Pô, en tant que peintre fou. Soutenu par quelques artistes et critiques, son succès va croissant, mais Ligabue (il a changé son nom) refuse les lauriers. Ses seules dépenses sont des motos et des voitures. Colérique, il détruit beaucoup de ses toiles malgré les commandes qui s’accumulent. Il souhaite transformer sa première maison en ruine en un palais, mais y échoue. Lors d’une rétrospective de son travail à Rome, il retrouve celle qui l’avait recueilli dans la forêt. Il séduit Cesarina, une jeune domestique. Mais, affaibli, devenu hémiplégique, il s’éteint à l’hospice local.