Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 05/01/2022
Société(s) de production :
Description
Résumé
style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">“N’oublie jamais pourquoi tu es parti”, dit Binta Touré à son fils Inza. Mantra oxymorique entre la nécessité d’aller chercher sa liberté ailleurs et le devoir de mémoire lié à ses racines. Deuxième chapitre d’une trilogie entamée en 2017 avec Vivre riche et prévue pour s’achever sur Le Retour, Traverser captive d’abord par sa narration proche de la fiction avec ses personnages “interprétant” leurs propres rôles et exprimant leurs problématiques réelles. Cette fois, Joël Akafou retrouve en Italie Inza, alias Bourgeois, se faisant héberger avec trois amis chez Michelle, mère de la petite Chanelle, pour avoir transgressé le règlement du centre de demandeurs d’asile Armena, où il attendait de connaître le sort réservé à son statut d’émigré. Délaissant le passage par la Libye et la Méditerranée, le réalisateur tisse sa trame autour du projet d’Inza d’entrer clandestinement en France : y parviendra-t-il ? Comment ? La fin nous laissant nous demander si sa fiancée parisienne Aminata, qu’il a jadis quittée, viendra le chercher ou pas à la gare du Nord. Pour cause ! S’il avait pu compter sur ses amis, notamment le sage Kader, ses difficultés auraient moins tenu à sa situation précaire qu’à l’animosité de Michelle, Brigitte et Aminata qu’il aura séduites pour “survivre” : “je ne sais plus avec qui tu as commencé... Aminata... Elle a tout fait pour toi. À la dernière minute, tu l’as jetée. Et là tu recommences avec Michelle et Brigitte”, lui reprochera Kader. Nous suivons ainsi Inza, de balades - seul ou avec ses amis - en réunions durant lesquelles tous échangent leurs états d’âme, de conversations téléphoniques avec sa mère restée en Côte d’Ivoire en préparatifs de départ, d’élans de tendresse pour Chanelle en tensions avec Michelle... Une “traversée” faite de rires, de larmes et de colères à l’instar de la séquence où Michelle lui reproche de ne pas officialiser leur liaison, de celle, solaire, où lui et ses amis explosent de joie à la victoire de “leur” équipe de France de foot contre la Croatie ou encore de celle, ô combien édifiante, où ils discutent de la situation des jeunes Ivoiriens chez eux : “on va à l’école pour devenir quelqu’un... on nous demande de l’argent pour faire quelque chose” s’insurge un des protagonistes qui, après cinq années d’études supérieures, s’est vu demander un million cinq cent mille francs pour travailler ! Une misère dont Inza veut extraire sa mère afin “qu’elle mange à la table des rois”, comme en réponse à son “souviens-toi de ma souffrance quand tout ira bien chez toi”. Avec finesse, les cadrages alternent plans larges contextualisant le groupe in situ et serrés pour nous faire pénétrer les angoisses de chacun. In fine, ce documentaire d’errance géographique d’un jeune homme de 26 ans, orphelin de père depuis cinq, vaut pour métaphore de son errance intérieure, en écho au “départ” du père dont les proches d’Inza entretiennent la tombe en ouverture du film. De sorte qu’il nous éclaire, d’une même justesse et avec une roborative et bienfaisante humanité, sur la psychologie migratoire, une relation filiale immarcescible et touchante et la condition de la femme africaine.
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 77
Couleur/NB : Couleur