2018. En République Démocratique du Congo, des survivants de la Guerre des six jours de Kisangani, qui opposa en 2000 le Rwanda et l’Ouganda et fit plus de 1000 morts et 3000 blessés, sont constitués en association. Ils sont gravement mutilés et attendent toujours réparation. En pleine période d’élection présidentielle, ils décident d’aller à Kinshasa pour faire valoir leurs droits auprès des autorités. D’abord, ils se concertent afin de savoir qui va faire le voyage et qui restera au village. Après un périple sur le fleuve Congo, le groupe constitué arrive à la capitale où il est hébergé par une femme politique qui le soutient un temps, avant de le laisser tomber. Les survivants se rendent ensuite à l’Assemblée Nationale, mais on leur en refuse l’entrée. Ils essuient aussi un rejet au siège de l’ONU. Les résultats de l’élection tombent : c’est un membre de l’opposition qui a gagné. Les membres de l’association sont pleins d’espoir. Ils vont se poster devant le palais présidentiel avec une banderole, et attendent que justice soit faite. Pendant ce périple, les mutilés doivent apprendre à s’adapter. Une jeune femme, par exemple, apprend à pratiquer le basket-ball en fauteuil. Une autre se rend chez le prothésiste, lui-même handicapé, pour qu’il répare une de ses prothèses de jambe. Une mère, sans bras ni jambe, nourrit son enfant en coinçant la cuillère entre son menton et son moignon. Certains de ces mutilés sont considérés comme des parias au sein de leurs propres familles. Arrivés à Kinshasa, ils sont invités à s’exprimer à la radio. Sola explique au micro que des complices des massacreurs de Kisangani se trouvent parmi les candidats aux élections présidentielles.