Claudius vit dans une ferme isolée, au milieu d’une clairière, située elle-même sur un chemin forestier de Saint-Martin-en-Haut dans les Monts du Lyonnais. Le printemps est arrivé. Dans l’unique pièce qui lui sert de chambre, de cuisine et de salle à manger, l’homme s’active. Âgé de 89 ans, il partage sa vie avec ses deux vaches, son chien, ses huit poules et son jardin. Il est né dans cette ferme en 1930. Depuis, il a décidé de conservé la bâtisse dans son état d’origine. Il a aussi gardé des équipements et des instruments anciens : cuisinière à bois, écumoire, écuelle, bol de faïence, casserole en fer blanc cabossée, bassine…Au fil des saisons, il raconte sa vie et son quotidien, partagés entre les tâches agricoles, les visites de ses amis et de sa famille, les déplacements au village à pied, les moissons, les fêtes votives, ou encore, la messe...Attaché aux traditions ancestrales, il refuse la modernité du monde agricole actuel. Mais il finit par accepter l’insémination artificielle de Brunette, sa vache rousse. L’intervention coûte à Claudius 47 euros qu’il peine à rassembler. Plus tard, des connaissances passent pour prendre des nouvelles et livrer du bois. À la Toussaint, il se rend au cimetière afin de nettoyer la tombe familiale. Mais qui, alors, nettoiera cette tombe ? Au soir de Noël, il descend au village pour assister à la messe de minuit. À l’été revenu, Claudius (mort en septembre 2020) est assis sur son banc et prend un bain de soleil.