Little Palestine, journal d'un siège

Film

Abdallah Al-Khatib

Année de production :  2021

Pays de production : Liban

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 12/01/2022

Description

Résumé

En 2013, le régime de Bachar Al-Assad occupe la banlieue sud de Damas. Les habitants du camp de Yarmouk, victimes collatérales des agissements du gouvernement syrien, sont privés d’eau, de nourriture, d’électricité, de médicaments. Durant ce siège, hommes, femmes et enfants meurent de faim. Les enfants essaient de dessiner leur avenir malgré la menace des frappes syriennes. Impuissants sous les bombardements, les habitants qui sont restés témoignent et affichent leur unité et leur solidarité dans cette crise humanitaire. Les plus anciens de Yarmouk sont pour beaucoup les enfants palestiniens exilés de 1947... « Je suis dans un pays où les fenêtres donnent sur l’absence de nourriture ». Cette phrase taguée sur les restes du mur bombardé d’un bâtiment en est une parmi bien d’autres. Leurs mots témoignent de la détresse des habitants du camp de Yarmouk. Le pouvoir les affame. On racle le fond des verres pour une goutte de café, on gratte les dernières miettes des bidons de nourriture. Israa, âgée de quelques mois à peine, est ainsi morte de faim. Un cortège immense l’accompagne. La solennité est ébranlée par les cris de colère du peuple. Au fur et à mesure, le bilan des morts liés à la famine s’alourdit. « La plus redoutable maison de l’assiégé, c’est le temps ». Un temps inlassablement long qui se mesure par la première et la dernière bouchée de nourriture. La mère du réalisateur, infirmière, assiste avec impuissance à la disparition des plus faibles. Des jeunes filles dessinent et écrivent des messages d’espoir. Il en faut beaucoup aux habitants pour endurer la famine qui sévit dans le camp, menacé constamment par les frappes syriennes. Abdallah Al-Khatib n’avait jamais utilisé une caméra avant la Révolution syrienne et le siège. Originaire de Yarmouk, il a depuis participé à plusieurs documentaires (194. Us, Children of the Camp de Samer Salameh, inédit en salles en France) relatant la vie du camp, à des postes divers. Il prend l’initiative avec son ami Hassan Hassan de montrer la réalité des conditions de vie à Yarmouk, ignorée du grand public. En cela, ce documentaire tourné comme un journal de la période du siège a une portée instructive nécessaire. Responsable du Centre de Soutien à la jeunesse de Yarmouk et très impliqué dans la vie associative, il entretient avec quelques enfants du camp un lien de confiance fort que les images retranscrivent parfaitement. Ils ont entre 8 et 12 ans et se confient naturellement à lui. Ils racontent leurs rêves par-delà l’enceinte du camp. Leurs réponses spontanées, parfois teintées d’optimisme, forcent l’admiration. Malgré les moyens de tournage limités, la mise en scène est au rendez-vous, les images sont fortes. Ce documentaire met à l’honneur le courage de tous les habitants. À l’image de Tasnim, cette petite fille d’à peine 9 ans qui cueille des herbes dans le but d’apporter de quoi manger à sa famille. Elle mène la conversation avec lucidité. À quelques mètres d’elle une bombe explose, son cœur « sursaute », mais elle ne cède pas à la peur. Un documentaire à regarder pour sa criante vérité, mais aussi parce qu’il donne une voix à ceux que l’on n’entend pas derrière les barricades.

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 89

Couleur/NB : Couleur