Un peuple

Film

Emmanuel Gras

Année de production :  2021

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 23/02/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé


style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">Un mois après la hausse des taxes sur les carburants, décidée par le gouvernement Macron, Emmanuel Gras part à la rencontre d’un groupe de Gilets jaunes. Ces derniers occupent le dernier rond-point de Chartres, situé avant l’autoroute vers Paris. Ils s’appellent Agnès, Benoît, Nathalie et Allan, et tous s’engagent dans une lutte collective qui va ébranler la France pendant plus d’un an et demi. Des assemblées sont organisées afin de définir les revendications et de réfléchir sur les possibles actions à mener : bloquer les péages, communiquer sur les réseaux sociaux, encourager le référendum d’initiative citoyenne, manifester - illégalement, puis légalement - à Chartres, avant de gagner Paris... Durant tout le documentaire, le réalisateur se tient au plus près de ce petit groupe et suit son évolution dans le temps. Évidente sur le papier, l’approche chronologique permet aussi de questionner le mouvement, d’abord avec empathie, puis avec une distance critique. Les entretiens réalisés avec Agnès, Benoît ou Nathalie, filmés comme de simples discussions autour d’une table, révèlent non seulement des individualités au sein du groupe, mais ils mettent surtout en exergue des parcours touchants. Par cette approche intimiste et sensible, Un peuple a l’intelligence d’humaniser la colère et la détresse d’un mouvement qui n’a cessé d’être décrié dans ses derniers actes. Le contraste est alors d’autant plus frappant lorsque survient la seconde partie du documentaire, qui coïncide avec les premières grandes manifestations de Paris (Acte II du mouvement des Gilets jaunes). Cherchant à ne rien éluder, Emmanuel Gras filme le progressif étiolement de “ce peuple”. À Chartres déjà, une mère de famille fulmine contre des coordinateurs en dilettante. Sur les réseaux sociaux, les plus pacifistes se désolidarisent des cassages. Allan, lui, pense qu’il faut désormais intellectualiser le mouvement, car contrairement à ce qui se dit, ce qu’ils font est “résolument politique”. C’est dans ces instants de crise et de doute que le projet puise sa toute force. En donnant à voir les débats, il retranscrit avec pertinence la complexité de la révolte. Inéluctable, la question de la violence l’est également. Bien qu’inhérente au mouvement, elle n’occupera l’écran que dans le dernier tiers. Allant jusqu’à se placer au cœur même des affrontements, Emmanuel Gras offre une vue immersive de ce qui deviendra le traumatisme de nombreux Gilets jaunes. Cailloux et LBD frôlent le champ, des corps en arrière-plan s’effondrent, les coordinateurs tentent en vain de résonner les CRS... On s’essouffle, puis on s’étouffe avec les Gilets jaunes. Retranscrivant sans mal la réalité de l’injustice et du déchaînement, ces images constitueront, sans conteste, des documents historiques pour les prochaines générations. Mais à l’heure du visionnage, elles traduisent une urgence journalistique qui écrase peut-être toute volonté cinématographique, qui s’exprime ici à de trop rares occasions (des travellings longeant les logements pavillonnaires, puis les HLM de la bourgeoise Chartres, une caméra survolant une foule qui refuse d’être prise de haut...). 

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 104

Couleur/NB : Couleur

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