Mizrahim, les oubliés de la Terre Promise

Film

Michale Boganim

Année de production :  2020

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 08/06/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé

« Ma fille, j’aimerais te dire que je suis une exilée de la Terre Promise », prévient en voix off la réalisatrice. « On est sourd à la voix qui dit je souffre et tu m’as fait souffrir », assène, plus loin, le poète activiste Shlomi Hatuka, installé à Elyakhin. Ces deux confidences bornent les rêves et la désillusion imprégnant ce formidable et tragique hommage aux Mizrahim en général (juifs venus en Israël du Maghreb et du Proche-Orient) et à la famille de la réalisatrice de Mémoires incertaines (2002) en particulier. On le sait, le racisme est un des poisons de l’humanité. Mais il atteint ici un sommet d’absurdité puisqu’il s’agit de juifs ostracisés par d’autres juifs (on se souvient de l’expérience similaire que vécurent les Falashas entre 1984 et 1991). S’achevant sur « Il était une histoire », ce poignant quatrième long métrage de Michale Boganim (le cinquième, Tel-Aviv Beyrouth, est en post-production) aurait pu, par la force de ses témoignages et du choix de ses lieux, se conclure par « Ils étaient une histoire ». Celle d’hommes, de femmes et d’enfants venus pleins d’espoirs bâtir la Terre Promise en Israël dès les années 1950, trompés sur ce qui les attendait par l’Agence juive, discriminés par les Ashkénazes car issus du Maroc, d’Irak, du Yémen... et qui, quatre générations plus tard, essaient de trouver une forme de délivrance. Sur un rythme vif, baignés en permanence par des musiques et des chants exprimant la vie, la rage et la nostalgie, tous expriment les mêmes injustices, humiliations, rejets, violences, dont leurs ascendants et eux furent victimes sitôt leur arrivée sur une même épine dorsale : noms et plans de leur ville (une  bonne douzaine, de Tel Aviv à Haïfa via Beer-Sheva et autre Ashkelon), évocation de leur vie en situation (marchant, chantant, etc.), relégation à la périphérie des espaces urbains, entraînant de la part de Michale Boganim une terrible comparaison avec cette autre barrière que représenta pour ses parents et elle le périphérique entre Paris et Arcueil, où ils migrèrent in fine. « Après avoir bâti son identité sur l’autre, le racisme doit dominer la situation », résume amèrement Shlomi Atuka. « Ce pays élève la prochaine génération en esclaves », assène, plus cruelle, la militante Carmen Elmakiyes Amos. Ponctué de précieuses et émouvantes images d’archives ou entrecoupé de prises de paroles de la réalisatrice, ce documentaire pulvérise ainsi, au fil des narrations, les mythes de la Terre Promise, de l’unité du Peuple Juif et de la Techouva (retour). « Quand on a été arraché enfant à ses racines, on rêve d’un éternel retour », synthétise Michale Boganim. Sauf qu’ici, « l’année prochaine à Jérusalem » est devenue l’aberrante aporie née entre un grand-père qui rêvait du retour en Terre Promise et ses enfants de rentrer au Maroc ! Film aussi bouleversant qu’édifiant sur l’Histoire, la géographie, la mémoire passée, oubliée et à (re)construire, entremêlant avec bonheur intime et universel... Mizrahim se double par ailleurs d’une émouvante enquête sur une fille découvrant son père, ex-militant des Panthères noires (fondées en 1971 par Reuben Abergel), décédé avant la fin du film. À ne pas rater pour, si possible, méditer.

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 101

Couleur/NB : Couleur

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