Seule la terre est éternelle

Film

François Busnel , Adrien Soland

Année de production :  2021

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 23/03/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé


style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">Lorsqu’ils sont reçus par Jim Harrison dans sa maison à Livingston, durant l’été 2015, François Busnel et Adrien Soland ne réalisent pas qu’ils sont sur le point de filmer les dernières images de l’écrivain américain (mort le 26 mars 2016). Au cœur des grands espaces s’étendant des Rocheuses aux Grandes Plaines - ceux qu’il chérit tant (“ils me font ressentir le vide, mais le bon vide”) et qu’il évoque dans ses œuvres -, le vieil homme abîmé profite des plaisirs simples de la vie : il présente sa collection d’objets vintage, rend visite à son ami Jim Fergus, pêche sur la Yellowstone River, foule le sol de l’Emigrant Peak, écrit des poèmes... Au fil des pérégrinations, il se laisse aller à des confidences plus intimes. D’autres fois, sur un ton plus grave, il s’épanche sur l’Histoire de l’Amérique. De la “Conquête de l’Ouest” aux Guerres d’Irak, l’auteur propose des contre-versions, consignant tous les méfaits d’une nation “sans mémoire”. Mais ce qu’il préfère, c’est parler de son amour pour la nature majestueuse et cruelle, ou encore de sa passion pour les grizzlis. La réussite du documentaire tient dans la liberté qu’il accorde à son sujet-narrateur, sorte de Père Castor rabelaisien - dont les quintes de toux persistantes et la démarche claudicante en font un personnage fascinant. Nul besoin d’archives ni de voix off : il ne s’agit pas là d’un film “sur”, mais plutôt d’un film “fait avec” Jim Harrison. Les digressions sont nombreuses, mais elles ne donnent jamais l’impression de nourrir un document fourre-tout, maladroitement compilé. Très discrets à l’écran, François Busnel et Adrien Soland veillent à la fluidité du voyage. Le montage, signé Camille Dalbera, illustre sobrement et littéralement les propos de l’écrivain. Lorsqu’il évoque l’épuisement des ressources, par exemple, la caméra se braque sur des champs pétrolifères. Lorsqu’il rappelle la main basse sur les territoires indiens, des images de villes tentaculaires et de centrales nucléaires apparaissent... Dans un premier temps, ce dispositif vraisemblablement minimaliste se suffit à lui-même et son économie formelle offre à l’écrivain un espace confortable. À la fois traité pour un “ré-ensauvagement” et testament spirituel, le résultat détonne des documentaires classiques consacrés aux figures littéraires. Sa forme libre permet de détourner l’exercice de sa structure canonique et de sa fonction biographique. Et si l’on devine sans mal son caractère crépusculaire (“il ne me reste plus assez de temps pour écrire un autre long roman”), l’ensemble évolue sur un ton plutôt tendre. Mais au terme de ces 1h52, Seule la Terre est éternelle donne aussi l’impression de s’adresser à un public de niche. Pour les spectateurs non initiés - ou peu sensibles - à l’œuvre de Jim Harrison, ce carnet de bord pourra même paraître un peu bavard, voire redondant. Ne comptant, in fine, que sur la personnalité vagabonde de son sujet pour tenir la distance, le dispositif finit par trouver ses limites discursives. Sans pour autant céder à l’ennui, l’attention du spectateur s’effiloche forcément au gré du récit.

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 112

Couleur/NB : Couleur

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