Vedette

Film

Claudine Bories , Patrice Chagnard

Année de production :  2021

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 30/03/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé


style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">Où naissent les films, de quoi, comment ? S’ils ne naissent pas dans les choux, il suffit parfois d’un rien, d’un hasard, d’un concours de circonstances, de répondre favorablement à une proposition qu’on vous a faite et dont vous ne savez pas où elle va vous mener, pour que prenne forme ce qui va devenir un film. Ainsi Claudine Bories et Patrice Chagnard, réalisateurs de documentaires qui vivent une partie de l’année dans une vallée du Valais, vallée où subsiste la vache d’Hérens - laitière d’altitude volontiers combattante - ont-ils accepté, à la demande d’Élise et Nicole, leurs voisines éleveuses, de garder Vedette un été. Vedette qui, en l’occurrence, n’a pas volé son nom, est une reine. Et des reines, LA reine. Une vache d’Hérens devient reine - c’est aussi une affaire de lignée - quand elle gagne les concours traditionnels où elle se montre la plus puissante, quand elle domine les autres vaches du troupeau et peut, en vertu de sa force, disposer de la meilleure herbe bien que, sans cesse, des rivales tentent de la lui disputer. Dit autrement, Vedette est une star. Une star vieillissante dont il faut prendre soin et ménager l’amour-propre. C’est pour épargner à Vedette l’humiliation des défaites à venir qu’Élise et Nicole la mettent à l’écart du troupeau en la confiant aux cinéastes. Bien leur en a pris. Aux unes, de l’avoir demandé, aux autres de l’avoir accepté. C’est si vrai que Vedette va être la seule vache à occuper le cadre pour y devenir simultanément une actrice et un personnage de cinéma. Nous évoquions comment pouvait parfois naître un film. Et de temps à autre, il n’en vient pas un mais deux, à l’image de jumeaux monozygotes. C’est le cas de Vedette. Chronologiquement, le premier des deux à montrer le bout de son nez s’apparente à une chronique paysanne dans les Alpes suisses, au témoignage presque ethnologique de l’existence d’un lieu, de gens, d’une culture dont on devine entre les lignes qu’elle pourrait disparaître si elle ne tenait son salut d’être géographiquement à l’écart, un film dont Jean Rouch pourrait être le parrain bienveillant. La seconde relève davantage d’une sorte de réflexion mais aussi de rêverie, et d’expérimentation des relations entre l’homme et l’animal, cet Autre absolu, relations durablement inscrites désormais au registre de l’inquiétude. Ce film-là met en scène Vedette et Claudine dans un étrange ballet où chacune des deux tente - disons-le pour simplifier - d’apprivoiser l’autre, d’en être reconnue comme sujet. Ce film-là pourrait ressembler à une addition de vignettes - Claudine fait la lecture à Vedette, Claudine, donne à manger du pain à Vedette... - s’il n’était nourri, on le devine, de la pensée de Baptiste Morizot, des merveilleux textes de Jean-Christophe Bailly, des œuvres peut-être de Vinciane Desprets ou d’Élisabeth de Fontenay, d’Emmanuel Levinas sans doute, nourri en somme de ce que l’éthologie et la philosophie produisent de plus profond et de plus sensible à propos de la question animale et plus largement de celle du vivant. Comme s’il s’agissait de les mettre en image, c’est-à-dire au travail, non pas de la pensée mais du regard. C’est pourquoi, à n’en pas douter, Vedette mérite notre confiance. 

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 100

Couleur/NB : Couleur

Collections liées