Que m'est-il permis d'espérer
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 30/03/2022
Société(s) de production :
- ISKRA - Image, Son, Kinescope, Réalisations Audiovisuelles (Ivry-sur-Seine)
- IRD - Institut de Recherche pour le Développement (Marseille)
- Proarti (Paris)
- La Huit Production (Paris)
- Look at Sciences (Paris)
Description
Résumé
« Que m’est-il permis d’espérer ? ». Vincent Gaullier et Raphaël Girardot ne pouvaient pas trouver meilleure question pour titrer leur documentaire politique. Porte de la Chapelle, à Paris. Un camp humanitaire est ouvert pour accueillir des demandeurs d’asile. De novembre 2016 à mars 2018, ce sont plus de 4 000 exilés qui ont pu y trouver un lit pour quelques nuits. Ils viennent du Soudan, d’Afghanistan, d’Éthiopie, du Nigeria, ou encore de Somalie... et ils ont tous survécu à un long périple de plusieurs mois. En plein hiver, ils sont pris en charge par des bénévoles (d’Emmaüs, entre autres), dans l’attente d’une réponse positive de la Préfecture. Mais pour la plupart, l’attente est interminable. Et au bout du chemin, des sentences cruelles : certains devront renouveler leur demande et, en attendant une éventuelle réponse favorable, retrouver la rue - le camp ne pouvant pas les accueillir plus de dix jours. D’autres subissent « la procédure de Dublin », cette clause qui établit le premier pays d’accueil comme responsable de l’examen de votre demande. Pour cette seconde catégorie de réfugiés, il est alors hors de question de retourner en Espagne ou en Italie... « Vous voulez me tuer », rétorque l’un des réfugiés. Que leur est-il effectivement permis d’espérer, à ce stade ? Si le constat n’a rien d’étonnant, la résignation de certains travailleurs sociaux traduit l’impuissance, ou plutôt l’ambivalence, des institutions françaises (et in extenso occidentales). « Le système peut être délirant », confie même une bénévole. Si bien que cette “non-ingérence” politique précipitera plus tard la fermeture définitive du camp. Le propos est d’une clarté sans appel : ce ne sont pas les migrants qui font la crise, mais bien l’accueil démissionnaire qu’on leur réserve. Accompagnant une poignée de réfugiés, la caméra ne sombre ni dans le voyeurisme, ni dans le misérabilisme. Au contraire, les réalisateurs trouvent une juste distance avec la matière filmique, notamment grâce à l’intimité de leur dispositif. Au cœur du camp, il s’agit pour eux d’évoluer sur une ligne de crête sensible. L’intégralité des confidences se fait, par exemple, dans les chambres, mais les témoignages restent pudiques. Pour cause, beaucoup sont trop épuisés pour ressasser le passé. D’autres hommes refusent quant à eux d’évoquer les traumatismes du passé - pour n’en citer qu’un : un transit libyen rythmé par la maltraitance et le trafic d’humains. C’est alors dans le silence que s’exprime la souffrance. Pourtant, la détermination de certains reste chevillée au corps. À l’image de Johnson, chanteur et DJ, qui rêve de devenir “un être humain accompli”. La réussite du documentaire tient alors dans ces moments de dignité et d’équilibre, mais également dans sa manière de se confronter, d’autres fois, à la réalité de la situation. On pense à ces premiers instants de l’accueil, où la barrière de la langue se fait la première des incompréhensions. Ou encore à ce plan qui suit les demandeurs d’asile se dirigeant vers la préfecture, enjambant et contournant d’autres exilés à la rue. Ce sont bien là les signes d’une sensibilité politique et cinématographique exemplaire.
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 108
Couleur/NB : Couleur