Quién lo impide

Film

Qui à part nous

Jonás Trueba

Année de production :  2021

Pays de production : Espagne

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 20/04/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé

De 2016 à 2021, Jonas Trueba, le réalisateur d’Eva en août a mobilisé une petite douzaine d’adolescents, filmés dans leur quotidien mais aussi dans des scènes purement inventées où ils se muent en personnages de fiction. On y retrouve notamment Candela et Pablo, présents dans La Reconquista (2016). Cette absence volontaire de choix entre le documentaire et un jeu plus écrit et scénarisé est la source du trouble initial sur lequel repose tout le film. Durant plus de 3h30, on ne différencie plus le chorégraphié du naturel, l’écrit du spontané. L’enjeu est de présenter des situations propres à cet âge où le champ des possibles est encore grand ouvert. Trueba est lui-même acteur de son film, devant la caméra, orchestrant répétitions et questionnements, montrant les coulisses de la confection de son histoire. L’ensemble s’avère quelque peu inégal, et les longs tunnels de discussions entrecoupés par une voix off lancinante ne sont pas les moments les plus réussis. Quand l’auteur décide de regarder ses acteurs et actrices, abandonnant la parole et les dialogues, il accède à une vérité plus immédiate sur l’indécision de ses protagonistes. Candela en est l’illustration la plus éloquente : que ce soit par le chant, la discussion ou des scènes de médiation très travaillées, elle n’a de cesse de s’exprimer. Ses révoltes, sa vision de ce qu’elle veut faire de sa vie... tout passe avec rage et détermination. Pourtant, c’est avec le regard perdu sur l’horizon d’un petit village d’Extramadure, non loin du Portugal, qu’elle réussit à nous émouvoir et à se dévoiler dans une grande intimité. Jonas Trueba empile les situations et les strates, tant formellement que sur le fond, et c’est dans la composition même de son film qu’il réussit nombre de ses idées. Son habile chapitrage - chaque scène est inaugurée par un encadré de couleur et une petite phrase - découpe avec harmonie les moments vécus, entre scolarité, fêtes et vacances. Le choix d’avoir ménagé deux entractes pour aérer la narration permet de faire entrer de la fraîcheur et de la vie, à la manière dont, au début du XXe siècle, les gens se rencontraient entre deux pauses dans un cinéma devenu lieu de vie. Qui à part nous fait évidemment penser à Adolescentes de Sébastien Lifshitz, qui lui aussi suivait deux jeunes filles sur plusieurs années. La différence notable entre ces deux films est la finesse de l’accompagnement de Lifschitz qui donnait vie à ces deux personnages, devenus familiers, le portrait collant au plus près de leurs histoires. L’aspect plus écrit, plus scénarisé, de Qui à part nous, ne nous permet pas de véritablement connaître ce petit groupe. Qui sont vraiment Candela, Pablo ou Jorge ? Il est très difficile de le dire, tant leur devenir est flou, leurs amours eux-mêmes étant écrits par un réalisateur qui préfère les mettre dans des situations qui ne sont pas les leurs avec des partenaires qu’ils ne connaissent pas vraiment. Toutes ces ambiguïtés empêchent que l’enthousiasme soit absolu et laissent un sentiment de frustration, malgré les évidentes qualités d’un film particulièrement singulier mais aussi malheureusement trop inégal.

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 220

Couleur/NB : Couleur

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