Tranchées

Film

Loup Bureau

Année de production :  2021

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 11/05/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé


style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">Moins de quatre ans avant l’offensive militaire russe lancée en Ukraine en février 2022, Loup Bureau s’est rendu sur la ligne de front du Donbass. Là, depuis plusieurs mois déjà, des milliers de soldats ukrainiens occupent près de 400 kilomètres de tranchées et d’avant-postes, affrontant les séparatistes soutenus par la Russie. Le réalisateur et journaliste pose sa caméra au cœur du 30ème bataillon, où les soldats ukrainiens sont dans l’attente d’une riposte. Faute de pouvoir outrepasser l’accord de cessez-le-feu - une situation que l’on sait a posteriori temporaire -, la brigade voit son quotidien rythmé par le creusement interminable des tranchées (“si tu veux rester vivant, creuse”) et les tirs adverses. En pleine immersion, Loup Bureau s’attache à souligner le caractère répétitif de ces journées. Son traitement du temps se traduit d’abord par de longs plans de soldats parcourant les fossés de fortune. Le montage vient ensuite gommer toutes les ruptures possibles. L’ensemble semble alors progresser selon une même continuité : sans progrès ni avancée (militaire) à l’horizon. De même, les parcours géographiques des unités et le déplacement des soldats au sein des tranchées se font de moins en moins lisibles. C’est cette routine de guerre, entre enfermement et attente, qui gagne peu à peu le moral des troupes - plus que les affrontements eux-mêmes. Sur les visages, la fatigue se fait de plus en plus prégnante. Car si les plus expérimentés - et les plus désabusés - ont trouvé refuge dans le cynisme et l’humour, les dernières recrues peinent quant à elles à cacher leur peur. Qu’importe, elles devront garder leur sang-froid... “Le plus important est la mission que tu mènes, la survie de ton unité en dépend”, rappelle un vétéran face à un sergent encore novice. Le collectif avant tout. D’autres fois, la vie dans les tranchées est ponctuée d’instants plus légers : une recrue câlinant des chatons, un sergent s’amusant avec l’un des chiens de l’unité, deux soldats téléchargeant Mortal Kombat sur leur ordinateur... Car c’est aussi ça, la guerre au quotidien : de vaines tentatives de recréer une relative normalité au sein d’un environnement mortifère. Sur le fond comme sur la forme, Tranchées est un document édifiant. Son approche frontale et réaliste permet d’éviter l’écueil du “docudrame”. Dépourvu de fioritures et de plages larmoyantes, le résultat repose sur une mise en scène intelligente. Les portraits se font tout en pudeur, et la puissance expressive et évocatrice des images de guerre (les tranchées étant l’un des symboles de la Grande Guerre) se suffit à elle-même. Tourné en format 4/3, le film témoigne également d’une utilisation du noir et blanc pertinente. En effet, les couleurs surviennent lorsque la brigade obtient sa permission. “On part en vacances”, se réjouit un jeune soldat, visiblement encore bercé par son insouciance et son immaturité. Évidemment, le soulagement est de courte durée pour nombre d’entre eux : la brigade est affectée au lieu-dit Lougansk, un autre point de ralliement. Le noir et blanc regagne l’écran. L’enfer indolent des tranchées n’est jamais très loin. 

Générique

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 85

Couleur/NB : Noir et blanc + couleur

Collections liées