Mon amour

Film

David Teboul

Année de production :  2021

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 15/06/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé

« Je me sens vide, orphelin et dans une grande solitude. [...] Mon problème est de ne jamais vraiment savoir ce que je désire vraiment et d’avoir des désirs tellement variables et inconciliables ». Dans un ultime message, écrit au cœur de la nuit, Frédéric, producteur, exprime son mal-être et ses incertitudes à son ancien amour David Teboul, vidéaste et réalisateur de documentaires. Peu de temps après, Frédéric meurt d’une overdose. Hanté par les souvenirs communs, rongé par la culpabilité (celle de ne pas avoir réagi à temps, ou d’avoir fermé les yeux) et tourmenté par des questions sans réponses, Teboul entreprend de réaliser un voyage méditatif. Et c’est en Sibérie, sur les rives gelées du lac Baïkal, qu’il espère trouver un éclairage, mais surtout une forme de consolation à sa dévastation. C’est donc à la manière d’une rêverie existentielle et d’une mise à nu complète - parfois littérale - qu’il envisage et compose son essai cinématographique, Mon amour. Mêlant, durant près de trois heures, témoignages, reconstitutions et archives photographiques, le réalisateur déploie son désespoir et ses maux avec une étonnante fluidité. Sa voix off, posée, déclamée, littéraire, n’est pas sans rappeler le style de Marguerite Duras. Quant au fond, un premier constat s’impose : cette autofiction est davantage un film sur un deuil (impossible) qu’un film sur l’amour. Mais pour y adhérer complètement, il faut savoir s’y abandonner. Car, non dénué de profondeur, ni de réflexions bouleversantes, son mausolée cinématographique a de quoi dérouter. Par son impudeur assumée, mais surtout par son travail du montage parallèle. À l’autre bout du monde, Teboul interroge ainsi des femmes et des hommes sur leurs propres histoires d’amour. L’occasion pour lui d’opérer des allers-retours entre leurs confidences et les siennes. Mais, régulièrement, la mise en perspective déborde du cadre du mal-être personnel et du chagrin intime. En effet, au détour de certains témoignages, les personnes rencontrées évoquent des passés difficiles, entre alcoolisme et violences (familiale, conjugale, sociale...), quelquefois conditionnés par un environnement géographique rude. D’autres formulent un regret encore plus profond, voire inavouable : celui de l’effondrement de l’Union Soviétique. « Un beau jour, un nouveau pouvoir nous est tombé. Depuis, l’homme est devenu un loup pour l’homme », déplore même une femme âgée, visiblement en proie à la nostalgie. En creux, Mon amour se fait alors le récit d’un roman national contrarié. Dire que cette résonance politique et idéologique dénote relève donc du doux euphémisme. Et, dans ces moments-là, le dispositif pourra sembler moins impudique qu’indécent. Mais à d’autres moments, le film bouleverse. Et c’est encore au contact de l’extérieur et du lointain que tout se joue. Car chaque rencontre émeut, autant par la tendresse que par le désespoir qu’elle dégage. Si au terme de ce voyage, le réalisateur n’a pas trouvé la paix attendue, sa quête aura néanmoins eu le mérite de mettre en lumière ces histoires personnelles faites de vérités déroutantes.

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 172

Couleur/NB : Couleur

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