Mon pays imaginaire

Film

Patricio Guzmán

Année de production :  2021

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 26/10/2022

Numéro RCA / VISA : 154704

Classification :

  • Tous publics - 27/06/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé

Le 11 septembre 1973, dans le palais de la Moneda bombardé, juste avant de se donner la mort, le président Salvador Allende s’adressait une dernière fois au peuple chilien sur les ondes de la radio. Son discours se concluait par ces mots : « Plus tard, d’autres hommes dépasseront ce moment obscur et amer où la trahison prétend s’imposer. Allez de l’avant en sachant que, bien plus tôt qu’il ne paraît, de nouveau s’ouvriront les grandes avenues par lesquelles passe l’homme libre pour construire une société meilleure. » Le « bien plus tôt qu’il ne paraît » allait tout de même être un peu long, en tout cas à l’échelle de la vie d’un homme : Patricio Guzmán, par exemple, qui pendant les cinquante ans qui ont suivi a porté la mémoire de cette histoire et nourri l’espoir que son pays se réveille enfin du cauchemar qui avait commencé là. Après la prise du pouvoir par Pinochet, Guzmán s’était exilé à Paris, ayant réussi à exfiltrer les bobines de ce qui deviendrait son chef-d’œuvre : La Bataille du Chili, chronique ample et fiévreuse de ce qu’avait vécu son pays entre 1970 et 1973. Après la fin de la dictature, il était revenu au Chili pour montrer ce film, qui y était interdit depuis 20 ans, à une jeune génération qui, n’ayant qu’une vision partielle ou falsifiée des choses, découvrait ainsi son propre passé. Le film Chili, la mémoire obstinée (1997) en avait rendu compte. Le chemin paraissait encore long. Plus récemment, dans ses derniers films, tout en tenant solidement son rôle de gardien de la mémoire, Guzmán semblait se replier un peu dans l’imaginaire, en se référant de plus en plus à l’enfance, et en empruntant les chemins de la rêverie autour de l’astronomie (Nostalgie de la lumière), de l’eau (Le Bouton de nacre) ou de la montagne (La Cordillère des songes). Et puis tout à coup, en octobre 2019, le Chili se réveille et le réveille. Une augmentation du prix des transports publics déclenche des vagues concertées de fraude dans le métro, puis des confrontations avec la police, puis des manifestations, qui vont prendre de plus en plus d’ampleur. Voici que les avenues annoncées par Allende semblent enfin se rouvrir. Et revoici Patricio Guzmán, 80 ans, de retour dans les rues de son pays, caméra à la main au milieu de manifestations où reprennent vie les chansons et les slogans du temps de l’Unité Populaire. Mon pays imaginaire raconte ces retrouvailles avec un pays qu’il reconnaît enfin. On peut regretter que, bien qu’ayant pour objet et moteur l’enthousiasme, ce film, faisant alterner séquences de reportage et entretiens face caméra, reste formellement trop sage. Mais il n’en reste pas moins passionnant et émouvant. Car il montre parallèlement deux boucles qui se bouclent : l’une dans la vie de Guzmán qui, désormais octogénaire, voit les espoirs de sa jeunesse faire un retour inespéré ; l’autre montrant plus globalement, et en se plaçant au point le plus stratégique qui soit (au Chili, là où sont définitivement morts les rêves de révolution), comment, après le long purgatoire de la dite « fin des utopies », le politique, la contestation et l’action militante, se réinventent aujourd’hui, avec de nouveaux langages, un peu partout dans le monde.

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 83

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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