Riposte féministe
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 09/11/2022
Numéro RCA / VISA : 153642
Classification :
- Tous publics - 13/06/2022
Société(s) de production :
Description
Résumé
style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">Dans dix villes françaises, dix collectifs de jeunes féministes arpentent les rues pendant la nuit, armés de colle et de feuilles blanches avec des lettres peintes en noir. Au matin, leurs messages dénonçant les violences faites aux femmes seront sous les yeux de tout le monde. Certaines militent depuis longtemps, pour d’autres il s’agit de la première fois. Elles ont entre 18 et 25 ans et elles ne peuvent pas rester immobiles face aux violences verbales et physiques que des milliers de femmes subissent chaque jour, et qu’elles-mêmes ont dû supporter. Après avoir découvert un de leurs slogans sur le mur en-bas de chez eux, Marie Perennès et Simon Depardon ont voulu comprendre qui se cachait derrière les lettres noires formant la phrase “femmes agressées, violées, battues, vous n’êtes pas seules. On vous croit”. De Brest à Marseille, en passant par Amiens, Paris ou encore Saint-Étienne, ils sont partis à la rencontre de différents groupes de “colleur.euses”, nom inclusif précisant qu’il ne s’agit pas seulement de femmes, mais aussi de personnes trans ou non binaires. Le film, présenté au Festival de Cannes 2022, a été produit par la société de production de Claudine Nougaret et Raymond Depardon, parents de Simon qui, avec sa compagne, met en pratique leur enseignement selon lequel “il faut filmer les Françaises et les Français comme les acteurs d’Hollywood”. Différemment de la plupart des documentaires sur le militantisme, dans Riposte féministe la caméra à l’épaule est très peu utilisée et les cadres sont extrêmement soignés. Au risque, parfois, d’être un peu trop “sage”, cette mise en scène techniquement irréprochable permet aux réalisateurs de garder la bonne distance face au sujet et de ne pas interférer avec les actions qu’ils filment. En voulant donner la parole à la majorité des groupes, ils n’approfondissent quasiment pas les parcours individuels de ceux et celles qui les composent, et se focalisent plutôt sur la dimension collective de leur engagement. Par ailleurs, les deux cinéastes ne recourent jamais aux interviews face caméra : de ville en ville, nous assistons aux discussions qui précèdent ou accompagnent, les séances de collage, comme si on y participait aussi, suivant les différents groupes à l’instar d’une nouvelle recrue silencieuse, qui observe sans poser de questions. La colère, les doutes et les espoirs des protagonistes se mêlent dans la colle qu’elles remuent patiemment, et qui servira à afficher les injustices dans les rues de toute la France. Quelqu’un les menacera, ou arrachera leurs mots quelques heures après, mais peu importe. Elles étaient là, défiant le danger, et ne rendant de compte à personne. Alors que les institutions oublient les victimes de féminicides, c’est au tour de ces jeunes militantes de leur rendre un hommage silencieux avec des marches blanches et de crier haut et fort leurs noms pendant les manifestations. En alternant moments d’action et témoignages frappants, le film montre à quel point la douleur intime est indissociable du combat politique, et parvient ainsi à capter l’essentiel de la démarche de ces collectifs : se réapproprier l’espace public, c’est avant tout se réapproprier le droit à disposer de sa propre vie.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 88