Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 14/09/2022
Numéro RCA / VISA : 150124
Classification :
- Tous publics - 02/11/2021
Société(s) de production :
Description
Résumé
Jorge Pardo fut l’un des musiciens de Paco de Lucia pendant de nombreuses années, contribuant à populariser une musique fusionnant le flamenco et le jazz dans le monde entier. Musicien nomade, il voyage de concert en concert, qui sont autant de rencontres avec d’autres artistes de la nébuleuse flamenco : instrumentistes, danseurs, chanteurs. Sa démarche improvisatrice, revendiquant une musique libre de tout format se heurte parfois à la défection du public. Avec son agent, il planifie un concert hommage, entouré d’amis musiciens, nommé Transe. Après quelques incertitudes, le collectif se produit finalement à Madrid. Saxophoniste et flûtiste, Jorge Pardo a su intégrer et faire accepter ces instruments a priori étrangers à la musique flamenca dans le groupe de Paco de Lucia, conduisant le genre à dépasser ses propres contrées harmoniques. Ce collectif légendaire a marqué son époque. Pardo ne cesse depuis de défendre une forme musicale basée sur l’improvisation avec d’autres musiciens, ceux avec qui il a su nouer de forts liens d’amitié. C’est ce qu’il nomme la fusion, un enchevêtrement de rythmes, de textures contrastées, venus d’horizons culturels différents qui s’unifient en une musique jamais figée, toujours en quête d’un idéal cathartique qui se nomme ici la transe. On retrouve un peu de cette recherche dans la forme même de ce portrait, filmé avec un certain tact. Il y a les moments sur scène, les nombreux instants musicaux captés dans leur juste durée, les voyages qui le transportent d’Espagne au Maroc, en passant par l’Inde, la France, les États-Unis, la démonstration qu’il n’existe aucune pureté intrinsèque à un genre musical, flamenco compris. Mais il y a aussi la réalité de l’impact artistique d’une musique exigeante auprès du grand public. Les derniers disques de Pardo, fusionnant l’électro avec le flamenco, ne sont pas des succès. Les salles ont du mal à se remplir. Son agent ne sait que faire. Ne vaudrait-il pas mieux revenir à un flamenco plus traditionnel et identifiable, tel qu’il est encore défendu dans la communauté gitane ? Mais pour le musicien, tenir compte du goût d’un public imaginaire affadirait sa musique en lui retranchant une part de son essence, sa liberté créative. Cette honnêteté de l’approche rend le film touchant, elle lui permet de dépasser le seul cadre de cette musique pour appréhender une quête de liberté dans toutes ses dimensions : artistique, poétique et pragmatique. En effet, difficile d’être un père et un compagnon quand les tournées, les enregistrements font qu’il n’est le plus souvent que de passage au domicile, comme le lui rappelle son fils. Ces éléments sont judicieusement intégrés au film, qui laisse la part belle à la musique. Qu’elle soit jouée sur scène, dans un bar, ou un studio d’enregistrement, elle transcende tous les discours et donne à voir, en acte, ce qui fait le sel de la vie choisie par Jorge Pardo. Une vie qui s’incarne par la rencontre et le mouvement, deux élans artistiques éminemment cinématographiques, portés à l’écran avec sensibilité et justesse.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 104
Couleur/NB : Couleur
Sonore/muet : Sonore